Les critiques d'Hugues Dayez : Un traître idéal, The Neon Demon et Frédéric Beigbeder

The Neon Demon
The Neon Demon - © DR

Un traître idéal

En vacances à Marrakech, un jeune couple de Britanniques, Perry et Gail, sympathise avec Dima, un Russe exubérant qui les invite à une grande fête d’anniversaire… Lors de la fiesta, Dima bat ses cartes : il blanchit l’argent sale de la Mafia russe, se sent menacé par celle-ci, et confie à Perry une clé USB truffée d’informations confidentielles à remettre au MI6, les services secrets britanniques, en échange d’une protection pour lui et pour sa famille…

Il y a des accents hitchcockiens dans le roman de John Le Carré, avec le personnage du quidam plongé dans une machination qui le dépasse (le début du film fait penser à "L’homme qui en savait trop"). A ceci près que le maître du roman d’espionnage, même s’il emprunte la forme du récit à suspense, en profite pour stigmatiser les déviances du capitalisme aujourd’hui, avec les tonnes d’argent salé déversés en toute quiétude dans l’économie mondiale... Même si "Un traître idéal" n’a pas la force d’autres œuvres de Le Carré comme "A constant gardener" ou de "A most wanted man", le film réalisé par Susanna White est malgré tout très efficace, avec une bonne distribution qui comprend Ewan Mc Gregor et Stellan Skarsgard.

The Neon Demon

Le film raconte l’itinéraire de la toute jeune Jesse dans l’univers de la mode à Los Angeles. Sa jeunesse, sa pureté, son innocence subjuguent les photographes et les stylistes, mais suscitent la jalousie farouche de ses consœurs top models qui vont chercher à l’éliminer de la plus brutale façon…

Le cinéaste danois Nicolas Winding Refn est un grand créateur d’images… Mais pas forcément un bon raconteur d’histoires. Sa fable sur la dictature de la beauté, si elle éblouit d’abord le spectateur par des tableaux envoûtants rythmés par la bande originale de Cliff Martinez (déjà aux manettes pour "Drive"), tourne rapidement court… Refn s’amuse à choquer le bourgeois en ayant recours à la nécrophilie et au cannibalisme, mais rien n’y fait : l’intérêt s’émousse, et les images léchées ne le ranimeront pas. Dommage que l’inspiration visuelle du cinéaste ne soit pas au service d’un scénario plus solide.

L'Idéal

Octave Parango (Gaspard Proust), ancien publicitaire désabusé, s’est reconverti en talent scout, en dénicheur de top models… Et il part en Russie pour trouver de toute urgence une jeune fille capable de devenir la nouvelle égérie d’une grande marque de cosmétiques, "L’idéal".

Depuis son best-seller "99 francs", Frédéric Beigbeder touille tout le temps dans le même pot "jet set branchouille". Mais le plus grave, c’est qu’il se prend pour un réalisateur. Son hasardeuse direction d’acteurs (Gaspard Proust en roue libre, Audrey Fleurot en surjeu) et son scénario poussif prouvent hélas, le contraire.