Les critiques d'Hugues Dayez - mercredi 25 novembre

Johnny Depp revient enfin dans un projet d'envergure, "Black Mass" (aussi titré "Strictly criminal"), ambitieux film de gangsters signé Scott Cooper.

Ses derniers films étaient piteux, ses performances douteuses… Johnny Depp est méconnaissable dans le rôle de James Whitey Bulger, un des criminels les plus redoutables des Etats-Unis qui régnait dans le quartier de South Boston. Son ami d’enfance, John Connoly, était agent au FBI et l’a fait passer pour un précieux indic… Cette combine a duré pendant des années et a permis à Bulger d’agir en toute impunité.

Scott Cooper (réalisateur de "Crazy Heart" avec Jeff Bridges) réussit une reconstitution saisissante des années 70, et réunit une distribution de premier ordre : aux côtés de Depp, Joel Edgerton crève l’écran dans le rôle de Connoly, tandis que l’excellent Benedict Cumberbatch incarne le frère politicien de "Whitey ", sénateur du Massachussets… Comme "Goodfellas" de Scorsese, "Black Mass" n’est pas seulement un film de gangster, c’est une fresque sur une certaine Amérique.

Je suis un soldat

Sandrine (Louise Bourgoin) a perdu son travail et son petit appartement à Paris, et revient vivre, dépitée, chez sa mère dans la banlieue de Roubaix. Sans le sou, la jeune fille accepte de travailler avec son oncle Henri (Jean-Hugues Anglade), éleveur dans un chenil… Elle y découvre une réalité peu reluisante : un trafic de chiots en provenance des pays de l’Est. Les animaux sont vendus au kilo, dans des caisses, et son oncle s’arrange avec un vétérinaire véreux pour leur inventer des carnets de vaccination… Sandrine, qui rêvait d’une vie meilleure, s’accroche à ce travail indigne, dans l’espoir de gagner de l’argent – beaucoup et rapidement…

Pour son premier long-métrage, Laurent Larivière a le mérite de dénoncer un commerce crapuleux jamais montré au cinéma, et il a l’intelligence de s’en servir comme toile de fond pour d’abord dresser le portrait de Sandrine, dont le caractère " jusqu’auboutiste " rappelle la "Rosetta " des frères Dardenne. Mais il ne sacrifie pas pour autant les personnages secondaires, et offre à Jean-Hugues Anglade un rôle formidable avec celui de l’éleveur sans scrupules. Même si le scénario n’est pas parfait, "Je suis un soldat" regorge de qualités.

Ixcanul

Au Guatémala, dans un petit village au pied d’un volcan, les habitants survivent vaille que vaille en travaillant d ans une plantation de café. Maria, jeune indienne de 17 ans, est forcée par ses parents de se marier avec un riche propriétaire local. Ayant le sentiment d’être vendue comme du bétail, Maria rêve de s’échapper avec un jeune ouvrier de la plantation, qui lui fait miroiter un voyage vers les Etats-Unis… Un rêve impossible, car il y a tout le Mexique à traverser.

Loin de dresser un portrait misérabiliste de ces paysans guatémaltèques, le réalisateur Jairo Bustamante réussit avec "Ixcanul" un drame ancré dans une réalité sociale, mais en racontant une vraie destinée : le parcours de Maria ne laissera personne indifférent. C’est une enthousiasmante découverte, auréolée de l’Ours d’argent au dernier Festival de Berlin

Le voyage d’Arlo

Un petit dinosaure très peureux, qui se sent responsable de la mort de son papa, doit entreprendre un voyage plein d’embûches pour retrouver sa famille…

Si vous avez vu "Le petit dinosaure" de Don Bluth, "Le Roi Lion" des studios Disney et "Le monde de Nemo" de Pixar, vous connaissez déjà le scénario d’ "Arlo", qui recycle sans vergogne les idées principales de ces grands classiques de l’animation. Evidemment, le public des enfants de 4 à 8 ans n’y verra que du feu, mais les amateurs des productions Pixar étaient en droit d’attendre autre chose…