Les critiques d'Hugues Dayez - mercredi 16 décembre

Où il sera question de "Star Wars", pour information, mais aussi de "La Vie très privée de Monsieur Sim" avec Jean-Pierre Bacri.

C’est une des "franchises" les plus juteuses de Hollywood : George Lucas a vendu "Star Wars" à Disney, qui a confié à la productrice Kathleen Kennedy, l’associée de Spielberg, la mission de faire fructifier la marque. Et c’est J.J. Abrams (déjà responsable du "reboot" de " Star Trek ") qui réalise ce 7ème épisode intitulé "Le réveil de la force"

L’action de ce nouvel épisode se déroule trente ans après l’épisode 6, soit "Le retour du Jedi". Luke Skywalker a disparu des écrans radars. Grosse déprime ? Maladie ? Le mystère subsiste ; il est devenu un mythe vivant. Pendant ce temps, une nouvelle dictature impose sa loi et la résistance s’organise, vaille que vaille. Rey, une baroudeuse solitaire, fait la rencontre de Finn, un soldat "stormtrooper" repenti. Sur leur route, ils croisent ce bon vieux Han Solo, son copain poilu Chewbakka, et même la princesse Leia (qui a un peu changé de coiffure : elle a troqué ses nids d’hirondelles pour des tresses de serveuse d’Oktoberfest). Avec leur aide, Rey et Finn vont tenter de retrouver Luke Skywalker pour relancer le règne du Jedi…

Kennedy et Abrams sont des malins. Comme la trilogie sur l’enfance de Darth Vader, réalisée par Lucas au début des années 2000, a déçu tous les fans, les repreneurs de "Star Wars" ont décidé de retrouver les bonnes vieilles ficelles de la trilogie initiée en 1977. A savoir : alterner savamment les scènes de blablas et les scènes de castagne, et réengager les stars historiques de la saga, Harrison Ford et Carrie Fisher – de quoi ravir les nostalgiques. Mais ils n’ont pas oublié les nouvelles générations de spectateurs, avec le duo tout frais Rey/ Finn. De ce côté-là, c’est hélas un peu loupé : Daisy Ridley et John Boyega souffrent d’un désolant déficit de charisme… Mais Mark Hamill n’en avait guère plus, en fait.

L’intrigue, qui se résume à un éternel combat du Bien contre le Mal, n’offre rien de neuf sous le soleil de la galaxie, mais les fans de "Star Wars" ne veulent pas tant de la nouveauté que retrouver l’univers qui les berce depuis tant d’années… De ce côté-là, mission accomplie, sans doute. Quant aux non-fans de "Star Wars , qui n’ont jamais compris l’engouement que pouvait susciter cette saga intergalactique puérile et pompeuse, ce n’est pas ce "Réveil de la force" qui va les réconcilier avec le phénomène.

La vie très privée de Mr Sim

Michel Leclerc (réalisateur du très plébiscité "Le nom des gens") adapte librement ici un roman du Britannique Jonathan Coe. Soit l’histoire de François Sim, dépressif qui tente de remonter la pente grâce à une très personnelle méthode Coué. Largué par sa femme, Mr Sim croit pouvoir rebondir en acceptant un job de représentant de commerce pour unz boîte qui lance des brosses à dents "bio" - avec manche en bois et poils de sanglier s’il vous plaît ! Et voilà le quinquagénaire lancé sur les routes de France, pour tenter de vendre sa marchandise et de renouer avec quelques vieilles connaissances, dont un amour de jeunesse…

L’atout premier de cette comédie aigre-douce, c’est Jean-Pierre Bacri. L’auteur (avec Agnès Jaoui) de véritables classiques contemporains comme "Cuisine et dépendances" et "Un air de famille" est un acteur rare, qui ne participe à un nouveau film que quand il est séduit par la qualité du scénario et des dialogues. Bacri a un bon flair : les dialogues et les situations de "Mr Sim" sont savoureux, traversés par un humour pince-sans-rire très attachant. Le film n’offre pas une intrigue très solide, mais une collection de moments tantôt drôles tantôt émouvants… Vous l’aurez compris, si "Star Wars" n’est pas votre tasse de thé, "Mr Sim" est une bonne alternative pour aller au cinéma cette semaine.

La séquence du JT