Les critiques d'Hugues Dayez : La légende de Tarzan et Truman

Deux sorties à pointer cette semaine, une nouvelle version de Tarzan, et Truman, une subtile comédie douce-amère.

La légende de Tarzan

Comment faire du neuf avec du vieux ? Comment réactiver le mythe de Tarzan, créé en 1912 par Edgar Rice Burroughs ? Les scénaristes de ce nouveau film, Adam Cozad et Craig Brewer, se sont visiblement posé la question. "La légende de Tarzan" commence là où le film "Greystoke" de Hugh Hudson (avec Christophe Lambert) se termine : on découvre Tarzan (Alexander Skarsgard) revenu à la civilisation, ayant retrouvé son nom de John Clayton et son titre de Lord Greystoke, vivant avec Jane (Margot Robbie) des jours paisibles dans son manoir anglais… C’est alors que le gouvernement britannique lui demande de retourner au Congo belge pour y négocier certaines ressources naturelles. Sur le sol africain, John redevient Tarzan, renoue avec les animaux de la jungle mais doit affronter Léon Rom (Christoph Waltz), machiavélique émissaire du Roi Léopold II…

Le réalisateur David Yates (aux manettes des 4 derniers "Harry Potter") orchestre avec un vrai savoir-faire les différentes facettes du scénario, qui mélange allègrement les scènes d’aventures et la dénonciation du colonialisme européen au début du XXème Siècle. Ce mélange des genres, qui aurait pu accoucher d’une superproduction hybride, fonctionne plutôt bien. Avec, au final, un paradoxe : ce blockbuster utilise les effets spéciaux les plus sophistiqués et les plus modernes (gorilles en images de synthèse, reconstitutions somptueuses en studio dans la banlieue anglaise…) pour renouer en fait avec le style des grands films d’aventure "à l’ancienne", comme pouvaient en jouer Errol Flynn ou Humphrey Bogart… Il serait donc dommage de bouder son plaisir.

Truman

Tomas, professeur d’université au Canada, débarque à l’improviste chez son vieux copain Julian, comédien à Madrid. L’objectif de Tomas est clair : persuader Julian de tenter une nouvelle chimiothérapie pour combattre son cancer du poumon. Mais Julian ne veut pas en entendre parler ; il veut juste trouver un nouveau maître pour son chien Truman, capable de s’en occuper quand il ne sera plus de ce monde…

"L’humour est la politesse du désespoir" a dit Chris Marker ; "Souris puisque c’est grave" a chanté Alain Chamfort… Le réalisateur catalan Cesc Gay a écrit "Truman" dans cet esprit : au lieu de livrer un drame larmoyant, il signe une comédie douce-amère subtile et magnifiquement jouée par l’acteur argentin Ricardo Darin et Javier Camara. Le film a remporté 5 Goyas, les trophées du cinéma espagnol (meilleur film, meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur second rôle)… "Truman", c’est LE film à voir en juillet pour les amoureux du cinéma d’auteur.