Les critiques d'Hugues Dayez : "La fille inconnue", ou la culpabilité selon les frères Dardenne

Présenté en compétition à Cannes et en ouverture du FIFF vendredi dernier, "La fille inconnue" arrive ce mercredi en salles. Avec, dans le rôle principal, Adèle Haenel, déjà lauréate de deux Césars.

Jenny, jeune médecin généraliste, discute avec son stagiaire dans son cabinet en bord de Meuse. Il est passé 20 heures, on sonne à la porte, elle décide de ne pas ouvrir, l’heure des consultations est largement dépassée… Le lendemain, la police vient l’avertir : la personne qui a sonné à sa porte est une jeune Africaine dont on a retrouvé le cadavre sur la berge. Jenny, rongée par la culpabilité, va tout faire pour retrouver l’identité de cette jeune fille afin de pouvoir lui donner une sépulture décente.

"La fille inconnue", c’est un faux polar : à travers l’enquête de Jenny, ce qui intéresse les Dardenne est de montrer comment la culpabilité devint un moteur pour agir. Cette approche rappelle la démarche de Simenon, qui utilisait la forme du roman policier pour scruter la vérité des êtres… Adèle Haenel est magnifique d’émotion contenue, et constitue le principal atout de ce nouveau long-métrage. Par contre, certains de ses partenaires comme Jérémie Renier sont infiniment moins convaincants ; c’est d’autant plus dommage que ce dernier a un rôle-clé dans le film. Ce casting inégal constitue le principal talon d’Achille de "La fille inconnue".

Nerve

Vee (Emma Roberts, la nièce de Julia), jeune fille sage et timide, est entraînée par une copine très délurée à s’inscrire sur "Nerve", un jeu en ligne très à la mode. Accrochée à son smartphone, elle suit des instructions pour réaliser des défis gentiment coquins ("rentre dans ce bar et embrasse un garçon dans la minute") Mais insidieusement, en proposant des sommes exponentielles, le jeu entraîne Vee dans des défis de plus en plus dangereux et pervers…

Sous des allures de thriller pour ado, "Nerve" est une parabole intelligente sur la dictature exercée aujourd’hui par les réseaux sociaux : l’approbation des "watchers" de " Nerve " fait immanquablement penser au "like" de Facebook et aux "followers" de Twitter qui poussent les écervelés à commettre les pires crétineries pour "faire le buzz" … Sauf que dans "Nerve", ces crétineries prennent une tournure carrément criminelle. Bref, voilà un film beaucoup plus intéressant qu’il n’y paraît de prime abord !

Peter et Elliott le dragon

Remake du classique Disney de 1978 ? Non, plutôt variation autour d’un thème, à savoir un petit garçon et son dragon. Dans cette nouvelle version, le petit garçon est un enfant sauvage, rescapé d’un accident de voiture, réfugié dans une immense forêt où il sera recueilli par un dragon. Le cœur du film, c’est le retour à la civilisation, lorsque le petit garçon est recueilli par une garde forestier (Bryce Dallas Howard)… Heureusement, le père de celle-ci (incarné par Dear Old Bob Redford) croit à l’existence du dragon : il l’a vu dans sa propre enfance.

Voilà un film familial dans le plus noble sens du terme : il met en jeu des valeurs nobles, les effets spéciaux sont efficaces, l’histoire est attachante. Rien de révolutionnaire dans ce remake, mais de la belle ouvrage qui plaira au jeune public.