Les critiques d’Hugues Dayez en VOD avec "Skate kitchen", le skateboard au féminin

L’an dernier, on découvrait le sensible "Mid90", portrait réussi d’adolescents skateboarders réalisé par l’acteur Jonah Hill. Cette année, "Skate kitchen" aborde à nouveau cette problématique, mais avec un angle 100% féminin.

Skate Kitchen

Camille va fêter ses 18 ans. Elle vit à Long Island, avec sa mère latino. Elle a une passion : le skateboard. Après un léger accident, elle promet à sa mère d’abandonner ce sport. Mais quand elle découvre, via les réseaux sociaux, un groupe de skateboardeuses intitulé "Skate Kitchen ", elle sort en cachette et rejoint, après tout un périple en métro, Manhattan, centre névralgique du groupe. Camille va tout faire pour gagner la confiance et l’amitié de ces adolescentes qui déploient une belle énergie… Elle va découvrir les rivalités avec des skateboarders machos, les aventures "hors piste " aux quatre coins de Big Apple.

"Skate Kitchen" est un véritable groupe new-yorkais. A travers l’itinéraire de Camille, la réalisatrice Crystal Moselle signe un portrait à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Et c’est l’aspect documentaire le plus intéressant : le jeu naturel des non-comédiennes, les ambiances urbaines très différentes selon les heures et les quartiers, la solidarité qui se crée entre des jeunes qui se cherchent une nouvelle famille… Tout ça sonne juste et permet de découvrir une réalité d’aujourd’hui. Par contre, l’apport fictionnel – les dilemmes de Camille, sa volonté d’indépendance – est nettement moins riche, parce que beaucoup plus convenu et "déjà vu". A pointer : ce film au féminin a un monteur belge, Nico Leunen, déjà à la manœuvre derrière "Beautiful boy" et "Ad Astra".

Divino Amor

Brésil, année 2027. Dans ce futur proche, le carnaval a été supplanté par une nouvelle grande fête annuelle, celle de l’"amour divin". Joana est fonctionnaire au bureau des divorces. Mais, très croyante, elle essaie chaque fois de réconcilier les couples qui arrivent à son bureau, et même de les enrôler dans sa communauté entièrement dévouée à l’amour de Dieu. A travers ces gestes de médiatrices, cette volonté farouche de réaliser des "bonnes actions", Joana veut décrocher une faveur divine : tomber enfin enceinte, après des années d’essais infructueux…

Curieux long-métrage que ce film brésilien signé Gabriel Mascaro. "Divino Amor" commence presque à la manière d’un épisode de "Black Mirror", dans un futur proche où le pouvoir de la religion est devenu omniprésent. Le film alterne scènes répétitives – le quotidien bureaucratique de l’héroïne et ses soirées dans sa communauté/ secte – mais, plus il avance, plus il prend une tournure assez ésotérique, laissant le spectateur avec une fin ouverte particulièrement déconcertante – et frustrante.

Love Wedding Repeat

Jack, orphelin de père, marie sa sœur Hayley avec un fiancé italien à Rome. Le soleil est de la partie, la propriété est somptueuse, tout se présente sous les meilleurs auspices. Un grain de sable va tout bouleverser : des enfants turbulents se glissent entre les tables et, à quelques minutes du début du banquet, intervertissent les petits cartons avec les noms des invités. Ce chamboulement de plan de table va rompre un bel équilibre bien pensé, et des invités qui n’avaient rien à faire ensemble vont devenir voisins de table… Hélas !

Libre remake d’une comédie française passée inaperçue, le film signé Dean Craig est doté d’une distribution alléchante, avec en tête le charmant Sam Claflin ("Their Finest" et "Ma cousine Rachel") et la pétillante Eleanor Tomlinson (la série " Poldark ")… Mais Craig semble en permanence lorgner vers "Quatre mariages et un enterrement", qui reste le chef-d’œuvre inégalé en matière de comédie de mariage. Et cette pâle copie, à force de rebondissement "hénaurmes", n’arrive pas à la cheville de son modèle.