Les critiques d'Hugues Dayez en vidéo - mercredi 9 septembre

Étonnante Meryl Streep! A 66 ans, elle s’empare d’une guitare Fender pour incarner une rockeuse désargentée dans " Ricky and The Flash ", comédie familiale réalisée par Jonathan Demme.

 

Ricki and the Flash

 

Ricki Rendazzo est caissière de supermarché le jour, rockeuse le soir : dans un bar, elle chante des reprises avec son groupe " The Flash ". Ce coverband, c’est sa passion, pour laquelle elle a sacrifié sa vie de famille. Un jour, elle reçoit un coup de fil de son ex-mari (Kevin Kline) : leur fille, abandonnée par son jeune époux, a sombré dans la dépression, et la présence de sa mère pourrait lui faire du bien… Voilà Ricki qui prend l’avion pour retrouver l’univers de grande bourgeoisie conventionnelle de son ancienne famille.

La scénariste Diablo Cody ( " Juno ") s’amuse, à coup de dialogues cingla nts, à orchestrer ce choc des cultures entre une mère rockeuse indigne et sa progéniture ultra-conformiste… Mais si le film est savoureux, c’est évidemment d’abord parce qu’il permet un joli face-à-face entre Meryl Streep et sa véritable fille à la ville, Mamie Gummer. La star aux trois Oscars avait déjà prouvé qu’elle savait chanter dans " Mamma Mia ", ici elle parvient même à être crédible avec une guitare électrique dans les mains… Chapeau, Meryl !

Galloping Mind

 

Pour son premier long-métrage de fiction, le grand chorégraphe flamand Wim Vandekeybus s’empare d’un argument dramatique déjà maintes fois utilisé : la séparation de jumeaux à leur naissance. La fille est kidnappée par l’infirmière accoucheuse, le garçon grandit, après la mort accidentelle de sa mère, au sein d’une bande de gosses de rues… Frère et sœur ont-ils une chance de se retrouver un jour ?

Dans une ville indéterminée (le film a été tourné en anglais en Hongrie, avec des scènes additionnelles au bord de la mer), Vandekeybus aligne les scènes visuellement impressionnantes. Mais s’il s’affirme comme un bon créateur d’images, il se révèle un mauvais créateur d’histoires : " Galloping Mind " accumule les clichés dramatiques, et peine à suivre efficacement ses différents personnages. On aimerait qu’à l’avenir, le chorégraphe travaille en tandem avec un vrai scénariste…