Les critiques d'Hugues Dayez en vidéo - mercredi 24 juin

Hugues Dayez
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Hugues Dayez - © RTBF

" Vice versa ", le retour en force des Studios Pixar.  Il était temps ! Après avoir été les pionniers dans l’animation en images de synthèse, Pixar avait déçu avec des suites assez banales de leurs succès ( " Cars 2 ", " Monsters University ") au point de ne pas sortir de film en été 2014. Après un an de silence, le studio de San Francisco revient au top avec " Vice versa " (Inside Out).

 

" Vice versa ", c’est l’histoire de Riley, une fillette de 11 ans, qui vit difficilement le déménagement de sa verdoyante banlieue du Middle West pour une maison sombre à San Francisco. Mais cette histoire est vue d’un point de vue inédit : le film propose un voyage dans la tête de Riley. Dans son cerveau, un Quartier Général où officient 5 émotions principales : Joie, Tristesse, Dégoût, Colère et Peur… Chaque jour, ces cinq protagonistes vivent ensemble tant bien que mal pour que Riley puisse traverser les surprises et les épreuves de la vie.

Le réalisateur Pete Docter – à qui l’on doit des très grandes réussites de Pixar comme " Monstres et compagnie " et " Là-haut " - avoue avoir eu l’idée de ce film en regardant l’évolution de sa propre fille, enfant joyeuse et exubérante devenant une adolescente nettement plus réservée et silencieuse. Docter et son équipe ont peaufiné le film pendant cinq ans, consultant des psychologues sur le fonctionnement du cerveau, sélectionnant les principales émotions à animer, cherchant le design de ces personnages inédits et des décors… Tout était à inventer.

Le résultat est impressionnant car il revient aux racines mêmes de la magie du cinéma d’animation, à savoir créer de toutes pièces un monde imaginaire – que le cinéma " live " ne peut pas représenter – et trouver une idée, drôle ou émouvante, au cœur de chaque scène. " Vice versa " est un feu d’artifices d’idées originales, et sans doute le film le plus " adulte " de Pixar puisqu’il fonctionne en permanence à deux niveaux différents : celui, descriptif, de la vie quotidienne de Riley et de ses parents, et celui, intérieur, de son ressenti face à ces évènements de la vie quotidienne… Esthétiquement, les couleurs " flashy " et le look " girly " de l’ensemble – cohérent bien sûr pour décrire l’univers de Riley – sont parfois un peu criards ; " Vice versa " n’est pas un des plus " beaux " films de Pixar, mais c’est sans nul doute un des plus inventifs.

En équilibre

 

Marc, cascadeur équestre, est resté paralysé suite à un accident de tournage. En colère car il s’estime victime d’une bavure de la production, il rejette les offres d’indemnisation de la compagnie d’assurances, qu’il estime insuffisantes. Alors la compagnie lui envoie Florence, une de ses collaboratrices les plus charmantes, pour tenter de le convaincre en douceur… Leur rencontre va provoquer des étincelles ; Florence ne peut s’empêcher d’être fascinée par la pugnacité de Marc.

Le réalisateur Denis Dercourt (" La tourneuse de pages ") orchestre une rencontre inédite entre Albert Dupontel et Cécile de France. Les deux acteurs sont convaincants mais on a l’impression que le metteur en scène s’est reposé sur leur talent pour masquer les faiblesses d’un scénario cousu de fil blanc, où le spectateur devine chaque scène avec dix minutes d’avance. Alors que Dercourt dépeint dans son film un homme blessé mais terriblement exigeant, lui-même semble avoir manqué de cette exigence en échafaudant " En équilibre "…

Un moment d’égarement

 

En 1977, Claude Berri signait une comédie de mœurs dans laquelle Jean-Pierre Marielle se laissait séduire par la fille de son vieux copain Victor Lanoux ( l’adolescente était incarnée par Agnès Soral). Presque quarante ans plus tard, son fils Thomas Langmann – producteur de " The Artist " qui cherche à rebondir depuis trois ans sans y parvenir – décide donc de reprendre l’argument du film pour un remake d’ " Un moment d’égarement ".

Le résultat est catastrophique : le réalisateur de " Mesrine " Jean-François Richet n’a aucun don pour la comédie, Vincent Cassel et François Cluzet se débattent avec des dialogues d’une effarante platitude, et la jeune fille par qui le scandale arrive – Lola Le Lann – joue tellement mal que cette contre-performance restera dans les annales du navet. Ouille !