Les critiques d'Hugues Dayez avec "Whitney", une tragédie contemporaine

Whitney
Whitney - © DR

C’est un vrai raz de marée : les documentaires sur les popstars se multiplient… Après les films sur Amy Winehouse et sur le DJ Avicii, voici qu’arrive au cinéma cette semaine un documentaire intitulé tout simplement "Whitney" sur Whitney Houston.

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S’il fallait résumer le succès de Whitney Houston en quelques chiffres, c’est d’abord la chanteuse qui a aligné le plus de tubes n°1 successifs dans le hit parade américain, et sa chanson "I will always love you" reste le single féminin le plus vendu au monde avec la bagatelle de 20 millions d’exemplaires… Mais Whitney Houston, c’est un déclin hélas aussi vertigineux que son succès, avec une mort prématurée à l’âge de 48 ans en février 2012.

Le documentaire est signé Kevin Mc Donald, qui s’était fait remarquer avec "The last king of Scotland", formidable évocation d’Idi Amin Dada. Mc Donald, sur base d’images souvent inédites et de témoignages de ses proches, tente d’expliquer les raisons du triomphe planétaire de Whitney Houston et la spirale de son inexorable descente aux enfers. La jeune fille grandit à Newark, banlieue pauvre de New York, avec une mère choriste. Le dimanche, c’est la messe et le Gospel, et très vite, ses parents ont beaucoup d’ambition pour elle. Le succès de Whitney surgit d’un désir de revanche : revanche sur la pauvreté, revanche des noirs face aux riches blancs…

Il n’est pas nécessaire d’être fan de la musique de Whitney Houston pour être pris par ce documentaire, parce que McDonald décrit très bien tous les excès de années 80 : Whitney trouve son mauvais génie en épousant Bobby Brown, qui lui fait découvrir la drogue et l’alcool, et Whitney Houston veut rester envers et contre sa femme, fonder une famille pour imposer sa réussite aux yeux du monde… C’est un destin à la fois flamboyant et pathétique, c’est une grande tragédie contemporaine et c’est pour ça que ce film mérite qu’on s’y arrête.

Photo de famille

Le titre de ce film signé par une réalisatrice, Cécilia Rouaud, est on ne peut plus clair : il s’agit effectivement d’une chronique familiale. Il y a un frère et deux sœurs, interprétés par Pierre Deladonchamp, Camille Cottin et Vanessa Paradis. Chacun est noyé dans ses problèmes, ils se voient peu… Leurs parents – incarnés par Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby – sont séparés depuis belle lurette… Mais cette famille dispersée va être forcée de se rassembler lorsque surgit l’épineuse question : Mamy perd la boule, qui va s’en occuper ?

Plutôt que de tisser une intrigue, Cécilia Rouaud propose une collection de moments, tantôt drôles, tantôt mélancoliques… C’est assez joliment écrit, mais le résultat est un peu inégal car tous les personnages ne sont pas aussi attachants les uns que les autres. Et une fois de plus, dès que Jean-Pierre Bacri apparaît, et heureusement il apparaît assez souvent, il éclipse le reste de la distribution. Bref, cette " photo de famille " n’est pas inoubliable, mais il s’en dégage un certain charme.