Les critiques d'Hugues Dayez avec "Sweet Country" et "The Guilty"

Le cinéma australien nous arrive au compte-goutte, c’est donc avec une vraie curiosité que l’on voit arriver sur nos écrans un western australien intitulé "Sweet Country", qui a reçu le Prix Spécial du Jury à la Mostra de Venise. L’action du film, inspirée d’une histoire vraie, nous reporte dans l’Australie sauvage en 1920. Un jeune Aborigène, victime de maltraitance chez un fermier raciste, parvient à s’échapper et se réfugie chez un de ses congénères. Celui-ci abat, en état de légitime défense, un Blanc qui attaquait sa propriété… Il prend la fuite, mais des policiers vengeurs partent à sa poursuite.

Le thème de "Sweet Country" est assez classique ; l’intérêt du film est ailleurs : le cinéaste Warwick Thornton, lui-même d’origine aborigène, montre avec une vraie force dramatique les tensions racistes qui ont construit son pays. Et son casting, qui mêle harmonieusement acteurs australiens réputés comme Sam Neill ou Bryan Brown et des acteurs aborigènes non professionnels, achève de nous convaincre.

The Guilty

Il y a une autre curiosité qui nous arrive cette semaine, et celle-là est en provenance du Danemark : le film s’intitule "The Guilty", et c’est un polar. Asger Holm, un officier de police en attente de son procès pour bavure, est muté au dispatching téléphonique d’un commissariat de Copenhague. Il doit recevoir au téléphone tous les appels d’urgence. Un soir, il reçoit l’appel d’une femme en état de choc, enlevée dans une voiture par son ex-mari… La communication est difficile, et soudain interrompue. Asger, vissé à son téléphone, va déployer des trésors d’ingéniosité pour tenter de sauver, à distance, la jeune femme.

"The Guilty" repose sur une prouesse technique : tenir le spectateur en haleine en adoptant exclusivement le point de vue du policier. Le réalisateur Gustav Möller réussit son pari : alors que sa caméra filme un huis-clos et des voix au téléphone, il parvient à tenir le spectateur en haleine pendant 80 minutes. "The Guilty" a d’ailleurs décroché le prix du public dans plusieurs festivals, c’est un signe qui ne trompe pas.