Les critiques d'Hugues Dayez avec "Sur la plage de Chesil", et l'étonnante Saoirse Ronan

L'affiche  de "Sur la Plage de Chesil
L'affiche de "Sur la Plage de Chesil - © DR

Saoirse Ronan n’a que vingt-quatre ans, et elle a déjà été nommée trois fois aux Oscars. Cette année, elle a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie pour sa prestation dans "Lady Bird" de Greta Gerwig. Cette semaine, elle est à l’affiche de "On Chesil Beach", adapté par Ian McEwan de son propre roman.

On Chesil Beach

"On Chesil Beach" nous reporte dans l’Angleterre bien pensante de 1962. Florence, jeune fille de bonne famille, tombe amoureuse à Oxford d’Edward, un jeune homme issu d’un milieu un peu plus modeste. Les deux jeunes gens parviennent à aplanir les différences entre leurs familles respectives et le mariage se déroule sans heurt… Pour leur nuit de noces, ils se retrouvent dans une chambre cossue d’un hôtel au bord de la mer.

Le film se concentre sur ce moment crucial : comment deux êtres, qui ont grandi dans l’ignorance complète de la sexualité, avec une éducation rythmée par les interdits et les non-dits, vont-ils pouvoir s’accorder dans un huis-clos, celui d’une chambre impersonnelle ?

Ian Mc Ewan, qui adore dans toute son œuvre gratter le vernis des convenances, soulever le tapis des bonnes manières pour voir ce qui s’y cache, livre ici une chronique sensible et juste d’un amour entravé par l’ignorance et l’incompréhension. Le récit, construit sur une série de flashbacks pour faire découvrir le parcours du couple, évite l’écueil du théâtre filmé. Mais surtout, Saoirse Ronan fait une fois de plus preuve d’une maturité et d’une subtilité de jeu qui laissent pantois. Malgré sa jeunesse, elle prouve qu’elle est déjà une très, très grande actrice.

Under the silver lake

Sam (Andrew Garfield), intelligent mais paresseux, traîne son ennui à Los Angeles. Un soir, dans la piscine qui jouxte son appartement, son regard est happé par une magnifique voisine… Il entame une relation avec elle, mais un matin, quelle n’est pas sa surprise de voir l’appartement de la jeune fille complètement vide, et sa locataire volatilisée sans laisser d’adresse. Sam se lance alors à sa recherche, et son enquête va le mener dans les milieux interlopes les plus inattendus et secrets de L.A.

David Robert Mitchell s’était fait remarquer avec un film d’horreur original, "It Follows", qui lui a valu d’être sélectionné avec "Under the silver lake" en compétition officielle à Cannes cette année, mais il est reparti bredouille.  Cela signifie-t-il pour autant que ce faux polar est un mauvais film ? Non, mais il a déconcerté les festivaliers.

En réalité, "Under the silver lake" est un gigantesque jeu de piste avec pour thème "Los Angeles, ville de cinéma". Mitchell multiplie les références à gogo : à Marylin Monroe (la scène de la piscine est un hommage direct à son dernier film inachevé), au David Lynch de "Mulholland Drive", à Hitchcock… Heureusement, son film ne se contente pas d’accumuler les citations – ce serait monotone et fastidieux – mais il les accommode à la sauce Mitchell, faite d’humour au second degré et de pop culture alternative. A l’arrivée, "Under the silver lake" regorge de séquences originales et savoureuses mais le jeune cinéaste, trop gourmand sans doute, semble avoir du mal à clore son récit. Résultat, le film dure 2 heures 20, et il y a clairement vingt minutes de trop… Dommage, car l’enthousiasme initial du spectateur s’émousse légitimement devant ce jeu de piste et de références qui tire en longueur.

The Equalizer 2

Dans cette suite, Denzel Washington reprend son personnage de Robert Mc Call, un ancien agent du FBI, veuf et retraité, qui mène une vie paisible de chauffeur de taxi. Paisible en apparence, car Mc Call, en sillonnant la ville, repère les victimes et les opprimés, et retrouve alors ses bons réflexes d’homme d’action pour se muer en implacable justicier. Sa colère va monter d’un cran lorsque sa vieille amie du FBI est assassinée…

Il y a deux Denzel Washington. Il y a l’acteur exigeant, celui de "Philadelphia", "Malcolm X" ou plus récemment de "Flight" de Robert Zemeckis. Et puis il y a l’acteur qui s’amuse à jouer des films de genre, de feu Tony Scott ("Man on fire") ou de son complice Antoine Fuqua ("Training Day"). "Equalizer 2" fait évidemment partie de cette deuxième catégorie : c’est un "revenge/ vigilante movie", un "film de justicier". Il ne révolutionne pas le genre, mais la mise en scène dynamique de Fuqua et le charisme de Washington permettent au film de fonctionner de façon suffisamment efficace.