Les critiques d'Hugues Dayez avec "Star Wars épisode IX", suite… et fin ?

Star Wars épisode IX
Star Wars épisode IX - © DR

Après le semi-bide du film de Ron Howard sur la jeunesse de Han Solo, le mercenaire intergalactique incarné par Harrison Ford, le groupe Disney a ralenti la cadence des sorties de la marque "Star Wars". Après deux ans d’attente, voici donc le 3ème et dernier volet de la troisième trilogie initiée par Disney après le rachat de LucasFilms.

Star Wars épisode IX

Cet épisode intitulé "L’ascension de Skywalker" met essentiellement l’accent sur le personnage de Rey (Daisy Ridley, hélas peu charismatique), qui veut perpétuer le combat contre le Mal entamé par les Jedis, mais qui se heurte à des angoisses existentielles qui la paralysent : quelles sont ses origines ? qui est-elle vraiment ? A-t-elle les épaules pour mener sa quête ? A ses côtés, quelques vieilles connaissances : la Princesse Leia (un dernier tour de piste pour feu Carrie Fisher) et une apparition holographique de Luke Skywalker (Mark Hamill, of course).

Après des péripéties de production (les réalisateurs initialement prévus ont quitté l’aventure en cours de route), c’est J.J. Abrams, le réalisateur de l’épisode VII, qui a été appelé à la rescousse pour boucler la boucle. Cela étant, faire la critique d’un film de "Star Wars", c’est mission impossible – ou, en tous cas, inutile : les fans de la saga se précipiteront en salles de toutes manières et discuteront à perte de vue sur les mérites comparés de chaque épisode, tandis que les non-fans éviteront soigneusement les cinémas qui programment le blockbuster S-F… Cette scission existe depuis près de 45 ans – depuis la sortie du premier film de Lucas en 1977 – et aucun terrain d’entente n’est possible.

Il traditore (Le traître)

Au début des années 80, la guerre des gangs au sein de la Mafia sicilienne fait rage. Mais surtout, "Cosa Nostra" change de visage, l’arrivée du trafic de drogue modifie les rapports de force et l’éthique en vigueur entre les truands ; c’est le règne de l’argent roi, où le respect de la parole donnée va de moins en moins peser dans les négociations. Tommaso Buschetta, mafieux de second plan, ne reconnaît plus la Mafia dans laquelle il a grandi, il s’exile au Brésil où il sera rattrapé par son passé et arrêté. C’est alors qu’il prend une décision qui fait l’effet d’une bombe : il décide de passer aux aveux devant le juge Falcone pour livrer tous ses anciens amis…

A 80 ans, le cinéaste Marco Bellochio s’empare de cet épisode important dans l’histoire de l’Italie pour livrer, non pas un énième film de mafia, mais le portrait psychologique d’un homme qui a permis l’arrestation de plus de 300 membres de Cosa Nostra. Pourquoi Buschetta a-t-il pris cette décision qui a changé sa vie ? Quelles ont été les conséquences de son geste ? Avec l’aide de l’excellent acteur Pierfrancesco Favino, Bellochio signe un drame à la fois instructif et nerveux dans sa narration. Il est étonnamment reparti bredouille du Festival de Cannes, malgré un accueil critique enthousiaste.

Notre Dame

Maud Crayon, maman de deux enfants, travaille dans un bureau d’architectes à Paris. Elle traverse une période de turbulences. Dans sa vie privée, elle est séparée du père de ses gosses mais celui-ci, incapable de se prendre en charge, revient régulièrement s’incruster dans son appartement. Et dans sa vie professionnelle, à la suite d’une confusion, un de ses projets est choisi par la Mairie de Paris pour devenir le projet-pilote de réaménagement du parvis de Notre-Dame…

"Notre Dame" est joué, écrit et réalisé par Valérie Donzelli. Celle-ci avait connu son heure de gloire en racontant le cancer de son enfant dans son film "La guerre est déclarée". Après ce succès critique et public, Donzelli a enchaîné des films de plus en plus décevants : "Main dans la main" avec Valérie Lemercier, et surtout un calamiteux "Marguerite et Julien", hué au festival de Cannes en 2015. Elle signe son retour avec ce "Notre Dame". Sous prétexte de revendiquer un ton fantaisiste, la jeune femme force son jeu, accumule les péripéties rocambolesques et les ruptures de ton. A l’écran, le résultat est tout bonnement horripilant… C’est une caricature de "ciné bobo parisien". Irregardable.

La séquence JT