Les critiques d'Hugues Dayez, avec "Ôtez-moi d'un doute", première rencontre entre François Damiens et Cécile de France

Les critiques d'Hugues Dayez, avec "Ôtez-moi d'un doute", première rencontre entre François Damiens et Cécile de France
Les critiques d'Hugues Dayez, avec "Ôtez-moi d'un doute", première rencontre entre François Damiens et Cécile de France - © SND

Ce sont deux acteurs belges parmi les plus populaires de notre cinéma, et pourtant, c’est devant la caméra d’une cinéaste française Carine Tardieu qu’ils sont pour la première fois réunis : François Damiens et Cécile de France sont au générique de la comédie "Ôtez-moi d’un doute", qui a fait un malheur lors de sa présentation à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes.

Ôtez-moi d'un doute

Erwan (François Damiens) est démineur en Bretagne. Lors d’une visite médicale avec sa fille enceinte, il apprend que son père (Guy Marchand) n’est en réalité que son père adoptif. Malgré son immense affection pour ce dernier, il décide d’engager une détective pour retrouver son père biologique. Il découvre Joseph, un vieux militant de gauche (André Wilms), avec qui il se sent vite complice. Au même moment, il fait la connaissance d’Anna, une doctoresse très séduisante. Mais patatras ! Erwan ne tarde pas à réaliser qu’Anna est la fille de Joseph ! Comment, pour Erwan, ne pas perdre pied quand on découvre son vrai père et qu’on tombe amoureux de sa demi-sœur ?

"Souris puisque c’est grave" chantait Alain Chamfort… La réalisatrice Carine Tardieu a retrouvé la formule-miracle du parfait équilibre entre le rire et l’émotion. Grâce à sa mise en scène rythmée et ses dialogues spirituels en diable, la rencontre à l’écran entre François Damiens et Cécile de France fait des étincelles. Et ce qui ne gâte rien, c’est que Tardieu a bien pris soin de ne pas négliger les seconds rôles : tous les personnages existent et sont savoureux.

Film qui pose des questions essentielles à travers une forme délicate et charmante, "Ôtez-moi d’un doute" nous réconcilie avec les comédies françaises. C’est une vraie pépite.

Maudie

Qui, en Francophonie, connaît Maud Lewis ? La renommée de cette artiste-peintre canadienne n’a guère franchi les frontières… Et pourtant, sa destinée méritait d’être racontée.

Née en 1903 en Nouvelle-Ecosse, Maud Dowley souffre dès sa jeunesse de polyarthrite qui handicape fortement sa croissance. Adulte, elle est placée chez sa tante tandis que son frère récupère l’héritage familial. Mais Maud veut conquérir son indépendance, elle décide de devenir la femme d’ouvrage d’un ouvrier illettré, Everett Lewis. Ils décident ensuite de se marier et de vivre ensemble dans la petite cabane d’Everett. Là, dans cet espace minuscule, Maud va reprendre sa passion de jeunesse : la peinture. Dans un style naïf, elle peint sur des cartons des fleurs et des paysages… Son style de vie fruste et la poésie simple qui se dégage de ses tableaux va finir par attiser la curiosité de certains media, et lui créer une certaine notoriété.

Sally Hawkins ("Blue Jasmine", "Paddington") et Ethan Hawke ("Boyhood") incarnent talentueusement ce couple improbable, filmé avec beaucoup de sensibilité par la réalisatrice Aisling Walsh. Que l’on soit amateur ou non de l’œuvre de "Maudie", la singularité de son parcours se révèle un très joli sujet de film.