Les critiques d'Hugues Dayez avec "Live by night", la prohibition selon Ben Affleck

En 2013, il remportait l’Oscar du meilleur film pour "Argo" : Ben Affleck revient aujourd’hui avec sa 4ème réalisation, "Live by night", un film de gangster, l’adaptation d’un roman de Dennis Lehane ("Gone Baby gone", "Mystic River", "Shutter Island")

Le film nous replonge dans le Boston des années 1920. Ben Affleck incarne Joe Coughlin, gangster d’origine irlandaise qui veut travailler pour son compte et rester à l’écart des deux mafias rivales, l’une irlandaise, l’autre italienne. Après un hold-up raté, Joe va devoir se mettre au vert et déménage à Tampa, en Floride, pour y développer un business de rhum clandestin. Marié à une métisse, il s’attire les foudres d’un adversaire de taille : le Ku-Klux-Klan…

Production, écriture du scénario, réalisation, rôle principal : Ben Affleck multiplie les postes pour son 4ème long-métrage. La reconstitution historique est impressionnante, la photo est magnifique, le casting doté de belles surprises (Chris Cooper, Elle Fanning…) et la mise en scène d’une grande maîtrise. Alors, Que manque-t-il à "Live by night" pour en faire un grand film mémorable ? Sans doute un soupçon d’originalité qui affirmerait sa différence dans le catalogue déjà très fourni des films de gangsters. Hormis ce bémol, Ben Affleck a réussi, en quatre films à peine, à s’affirmer comme un cinéaste d’envergure.

The Great wall (La Grande muraille)

A une époque lointaine et relativement indéterminée – optons pour le Moyen âge – un mercenaire occidental (Matt Damon coiffé d’un catogan) s’aventure en Chine pour s’emparer de la poudre à canon. Il est fait prisonnier par l’armée chinoise qui campe sur la Grande Muraille, mais ses talents d’archer lui valent d’être libérés pour prêter main-forte aux soldats qui doivent affronter un terrible péril : l’invasion de gros dragons féroces…

"The Great wall" est l’OVNI kitsch de l’année : une star hollywoodienne (Damon), un réalisateur chinois réputé (Zhang Yimou), des déluges de créatures en images de synthèse, des costumes dignes du Cirque du Soleil, un scénario qui ressemble à un jeu-vidéo antédiluvien… Comment expliquer ce grand melting-pot ? L’explication est économique : des hommes d’affaires chinois ont racheté un studio hollywoodien, Legendary Pictures, et produisent avec "The Great Wall" le premier blockbuster américano-chinois de l’histoire… Même si le film ne marche qu’en Chine, le marché est suffisamment énorme pour décrocher le jackpot. Chez nous, le film peut être vu comme une curiosité particulièrement gratinée.

Il a déjà tes yeux

Le "pitch" est simple : un couple de Noirs adopte un bébé blanc. L’intention du réalisateur Lucien Jean-Baptiste l’est tout autant : combattre les préjugés, dans la joie et la bonne humeur… Pour ce faire, il ajoute des personnages secondaires " hauts en couleur " : Zabou en méchante assistante sociale (avec une coiffure de Chantal Goya) et Vincent Elbaz en copain farfelu. Tout cela est pétri de bonnes intentions, terriblement sympathique ; la preuve : le film a obtenu le prix du public au FIFF. Le seul problème, c’est que ce n’est pas du cinéma, c’est une sitcom télévisée projetée sur grand écran…