Les critiques d'Hugues Dayez avec "Les Indestructibles 2", le retour de la famille Parr

Les Indestructibles 2
Les Indestructibles 2 - © Pixar

En 2004, on découvrait avec ravissement une famille de superhéros, Bob et Helen Parr, leur fille Violet, leur garçon Dash et leur bébé Jack Jack dans "Les Indestructibles". Quatorze ans plus tard, leur créateur Brad Bird arrive avec la suite de leurs aventures, simplement intitulée "Les Indestructibles 2".

Les Indestructibles 2

L’action de ce numéro 2 commence très peu de temps après la fin du n°1. Les superhéros n’ont toujours pas la cote, et la famille Parr souffre de cette impopularité. C’est alors qu’un milliardaire décide de devenir leur mécène… Las ! Au lieu de choisir Bob, le papa, il jette son dévolu sur Helen, la maman, pour accomplir une périlleuse mission. Alors que celle-ci part sur sa moto dans sa tenue d’ElastiGirl, Bob se retrouve père au foyer, et il n’est hélas pas du tout taillé pour ce rôle…

Après un détour par la réalisation de films en live action ("Mission Impossible" avec Tom Cruise, "Tomorrowland" avec George Clooney), Brad Bird, réalisateur du "Géant de fer", de "Ratatouille" et du premier "Indestructibles" est revenu chez Pixar. Il n’a rien perdu de sa maestria – cet "Indestructibles 2" est magnifiquement animé – mais son inspiration se révèle inégale.Si le point de départ de cette suite ne manque pas de piquant, le scénario s’essouffle sur la longueur, avec des personnages de méchants un peu fades. Mais surtout, l’humour au second degré et le regard ironique porté sur la mythologie des superhéros qui faisaient toute la saveur et l’originalité du numéro 1 semblent ici s’être évanouis au profit d’un comique plus consensuel.

Mais si cette suite risque de décevoir les fans de Pixar de la première heure, elle se révèle une excellente opération commerciale : le film a connu un démarrage fulgurant au box-office américain.

The Book Club

Depuis des lustres, quatre vieilles copines se réunissent chaque mois autour d’un club de lecture. Un jour, l’une d’entre elles propose de se plonger dans "Cinquante nuances de Grey". La lecture du best-seller va réveiller chez ces femmes d’âge mûr des désirs insoupçonnés…

"The Book Club" a deux mérites. Primo, traiter d’un sujet tabou dans le cinéma hollywoodien d’aujourd’hui, à savoir la sexualité au 3ème âge. Secundo, réunir un quatuor de stars légendaires : Jane Fonda, Diane Keaton, Candice Bergen et Mary Steenburgen. Ce n’est pas rien. Mais est-ce que cela fait de "The Book Club" du grand cinéma ? Non, cela ressemble plus à une sympathique sitcom, une version "carte vermeil" de "Sex and the city", qu’à du cinéma. Autant le savoir…

Hereditary

La famille Graham est en deuil : la grand-mère vient de décéder. Sa fille Annie (Toni Collette) essaye de garder le cap, mais insidieusement, le climat familial va se dérégler, comme si cette mort avait réveillé une malédiction tapie dans l’ombre…

"Hereditary" a fait le buzz aux Etats-Unis, certains critiques n’hésitant pas à voir dans ce film d’horreur l’équivalent de "L’exorciste" pour les années 2000… C’est peut-être pousser le bouchon un peu loin. Certes, le jeune cinéaste Ari Aster a un vrai talent pour créer une ambiance malsaine et inquiétante, et son casting est impeccable – la jeune Milly Shapiro est une étrange révélation – mais le scénario de "Hereditary" verse dans un ésotérisme de plus en plus opaque, et le dénouement du film ressemble fort à un tour de passe-passe qui laisse le spectateur sur sa faim.

Plaire, aimer et courir vite

En 1990, Arthur, jeune étudiant natif de Rennes (Vincent Lacoste) tombe amoureux de Jacques (Pierre Deladonchamps), écrivain parisien qui sait condamné par le SIDA. Jacques est réticent à vivre une nouvelle romance quand il sait que ses jours sont comptés…

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, le film de Christophe Honoré a pâti de la comparaison avec "120 battements par minute" plébiscité sur la Croisette l’an dernier. Or, si le film explore la même période et la même thématique – vivre son homosexualité à Paris dans les années SIDA -, l’angle choisi par Christophe Honoré est sensiblement différent : moins militant, plus romanesque. Le cinéaste a une culture très littéraire, affectionne les dialogues très écrits, lorgne vers le cinéma de Truffaut et de Godard (celui des années 60). Mais "Plaire, aimer et courir vite" souffre d’un terrible talon d’Achille : il peine à dégager la moindre émotion car le personnage de Jacques est à ce point arrogant et antipathique qu’on se désintéresse, hélas, bien vite de son destin.