Les critiques d'Hugues Dayez avec "Le vent de la liberté", une histoire vraie allemande

L'affiche de "Ballon"
L'affiche de "Ballon" - © DR

Depuis la chute du mur de Berlin, l’époque où l’Allemagne était coupée en deux a inspiré plusieurs succès du cinéma germanique : "Good Bye, Lenin !" de Wolfgang Becker en 2003, "La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmarck en 2006… Aujourd’hui, voici qu’arrive "Ballon : le vent de la liberté", inspiré d’une histoire vraie.

Ballon : le vent de la liberté

L’exploit est entré dans l’Histoire de l’Allemagne : le 16 septembre 1979, les familles Strelzyk et Wetzel, habitant une petite ville d’Allemagne de l’Est, Pössneck, passent à l’Ouest dans une montgolfière. A bord de la nacelle, quatre adultes et quatre enfants, qui ont eux-mêmes construit artisanalement leur embarcation…

En 1982, les Studios Disney proposèrent au cinéma une première adaptation de cette étonnante odyssée, avec John Hurt et Beau Bridges dans les rôles principaux. Aujourd’hui, quarante ans après les faits, le cinéaste allemand Michael Bully Herbig a eu envie de réaliser une version "made in Germany" de cet exploit. Herbig, très populaire dans son pays, ne prétend pas faire du cinéma d’auteur ; même si, pendant la préparation de son film, il a pris soin de rencontrer les familles et de se documenter sur les conditions de vie en RDA dans les années 70, il livre un récit très "hollywoodien", basé sur une structure dramatique éprouvée. Un début sur les chapeaux de roues (la première tentative avortée de Peter Strelzyk), une montée du suspense (les familles construisent une seconde montgolfière alors que la Stasi cherche activement les auteurs de la première tentative), un final spectaculaire : "Ballon" lorgne vers les grands classiques du cinéma d’évasion. Un film sans surprise, mais efficace.

El Reino (Le Royaume)

Manuel Lopez-Vidal (Antonio de la Torre, vu dans le polar "La isla minima") est un homme politique en pleine ascension, désigné par le vieux leader de son parti comme son successeur légitime. Mais lorsqu’une affaire de corruption et d’argent sale éclate au sein de son parti, Manuel est dans l’œil du cyclone. Cerné de toutes parts, le bouillant politicien n’entend pas se laisser faire, et décide que s’il doit tomber, il ne sera pas seul…

Depuis plusieurs années, le cinéma espagnol – longtemps écrasé sur la scène internationale par la figure imposante de Pedro Almodovar – a réussi à donner un coup de jeune au cinéma de genre, qu’il s’agisse du thriller fantastique ou du polar. Avec "El Reino", Rodrigo Sorogoyen a remporté le Goya du meilleur réalisateur et son film récolte au total sept trophées dans son pays. Sa mise en scène nerveuse parvient à rythmer un récit bavard – caractéristique presque inévitable des thrillers politiques. Les thèmes abordés par "El Reino" - la criminalité en col blanc, la chasse au bouc émissaire – ne sont pas neufs, mais le style enlevé du film parvient à leur donner un nouveau souffle.

Emma Peeters

Emma Peeters, 35 ans, célibataire, essaye de percer à Paris comme comédienne. Après des années de galère, elle décide de réussir au moins une chose dans sa vie : sa mort. Elle se donne une semaine pour bien préparer son suicide, et rencontre Alex, un jeune employé de pompes funèbres, qui va devenir complice malgré lui de son projet…

Cette comédie grinçante de Nicole Palo avec Monia Chokry (actrice canadienne vue dans "Les amours imaginaires" de Xavier Dolan) et Fabrice Adde (vu dans "Eldorado" de Bouli Lanners) , mêle décors parisiens et décors bruxellois maquillés en décors parisiens (tactique habituelle du tax shelter).

"Emma Peeters" s’inscrit dans le même créneau que "Bridget Jones", mais "Emma Peeters" n’est pas, loin s’en faut, "Bridget Jones". Le film est insipide du début à la fin, et le déficit de charisme du duo Chokry/Adde, loin de provoquer un sentiment d’identification chez le spectateur, provoque chez lui un rapide désintérêt pour Emma et ses états d’âme. C’est en voyant des tentatives comme celles-ci qu’on se rend compte combien c’est difficile à réussir, une "romcom", une comédie romantique.