Les critiques d’Hugues Dayez avec "Le Prince oublié", Omar Sy dans un conte fantastique

Cinéaste français lauréat d’un Oscar, Michel Hazanavicius a connu des fortunes diverses depuis le triomphe de "The artist", allant de l’échec cuisant de "The search" à l’accueil mitigé de son film sur Godard, "Le redoutable". Il revient avec une fantaisie, "Le prince oublié".

Le Prince Oublié

Dans ce nouveau film, Omar Sy incarne Djibi, un père veuf qui élève seul Sofia, sa fille de 11 ans. Véritable papa-poule, Djibi raconte chaque soir une histoire à Sofia, dans laquelle il est un prince héroïque… Jusqu’au jour où sa fille, à l’aube de l’adolescence, n’a plus envie qu’on lui raconte des histoires. Voilà Djibi tout désarçonné : son personnage de prince, auquel il tient tant, se retrouve en plein chômage technique !

Inspiré par un scénario de Bruno Merle, Michel Hazanavicius a vu le parti visuel qu’il pouvait tirer d’une telle histoire, qui mêle deux mondes : celui, réaliste, du quotidien du père et de sa fille et celui, fantasmatique, du prince et de ses ennemis à combattre. L’idée comique du film, c’est de représenter l’univers du conte comme un grand studio de cinéma, avec ses décors, ses figurants et ses rituels. Ainsi, voir Omar Sy passer de prince-vedette à acteur sans emploi est une des trouvailles du film. Mais plus le film avance, plus les références à d’autres grands films sur le passage à l’adolescence se font sentir, "Vice-versa (Inside Out)" et "Toy Story 3" de Pixar en tête. Hazanavicius a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître ces influences mais, passé le bon effet de surprise de son film, il ne parvient pas à le nourrir avec assez d’idées neuves pour en maintenir le charme. A l’actif du film, on soulignera un très bon casting : Omar Sy bien utilisé, François Damiens truculent en méchant d’opérette, et la jeune Sarah Gaye, pétillante de naturel.

L’appel de la forêt

Omar Sy est aussi au générique d’une production hollywoodienne, énième adaptation d’un classique de la littérature américaine, "The call of the wild" de Jack London. Soit l’odyssée de Buck, un gros chien domestique abandonné par sa famille qui devient chien de traîneau en pleine ruée vers l’Or dans le Yukon à la fin du XIXème Siècle.

Le fait qu’Omar Sy est aussi peu crédible en trappeur du Grand Nord que – au hasard – Alex Lutz en Fantasio n’est pas la raison principale de l’échec artistique du film. Non, la catastrophe, c’est le chien Buck, tellement mal animé avec des images de synthèse ringardes qu’on a presque pitié des acteurs comme Sy ou Harrison Ford qui doivent tenter de lui donner la réplique. Après le désastre cet hiver de "Cats", "L’appel de la forêt" est la triste démonstration qu’une mauvaise animation 3D peut complètement couler un film.

Dix jours sans maman

Voilà un film dont le titre et l’affiche sont on ne peut plus explicites ! Soit Antoine (Franck Dubosc), père de quatre enfants, qui traverse une période cruciale pour sa carrière : DRH dans une grande surface de bricolage, il risque de se voir supplanté par un jeune loup. Or, c’est à ce moment-là que sa femme Isabelle (Aure Atika) décide de prendre dix jours de vacances à Mykonos avec sa sœur… Du jour au lendemain, Antoine découvre avec effroi tout le boulot qu’Isabelle abat au quotidien pour le bien-être de sa famille, et tente à grand peine de la remplacer à la cuisine, dans les trajets vers l’école, etc.

"Dix jours sans maman" est une comédie familiale bourgeoise comme le cinéma français en produit à la pelle. Mais faut-il encore parler de cinéma, ou plutôt de téléfilm sur grand écran ? Tout, du casting à l’intrigue en passant par les dialogues, semble avoir été formaté pour occuper une case de prime-time sur TF1. Le seul vrai mérite du film est d’illustrer par le biais de la comédie la célèbre maxime d’Aragon : la femme est l’avenir de l’homme !

la séquence JT