Les critiques d'Hugues Dayez avec le charme entêtant des "Parfums"

L'affiche de "Les parfums"
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L'affiche de "Les parfums" - © DR

En 2012, le réalisateur français Grégory Magne signait "L’air de rien", délicieuse comédie où Michel Delpech jouait son propre rôle avec un sens aigu de l’autodérision. Il révélait dans ce film l’acteur Grégory Montel, devenu depuis très populaire grâce à la série "10%". Aujourd’hui, il met Montel en face d’Emmanuelle Devos dans "Les parfums".

Les parfums

Guillaume est père divorcé, et risque de perdre la garde partagée de sa fille s’il ne trouve pas une situation stable et un appartement propice pour l’accueillir. Alors, Guillaume s’accroche coûte que coûte à son boulot de chauffeur… Et pourtant, sa nouvelle cliente n’est pas facile : Anne Walberg, grande bourgeoise, créatrice de parfums en perte de vitesse. Entre cette femme d’apparence hautaine, inaccessible, et le pauvre garçon émotif et un tantinet désordonné, le dialogue est difficile…

Grégory Magne adore le film-culte "Tandem" de Patrice Leconte, et cela se sent : ses deux longs-métrages "L’air de rien" et "Les parfums" sont des road-movies animés par des duos. Pas facile de renouveler le genre. Mais Magne a l’intelligence de ne pas céder aux clichés de la comédie romantique ; il n’y a pas de rapport de séduction entre Anne Walberg et Guillaume, juste des tentatives de comprendre l’univers de l’autre pour pouvoir ébaucher une complicité… Il en résulte un film subtil, traversé par un humour pince-sans-rire et joué avec un parfait naturel par Emmanuelle Devos et Grégory Montel. Un régal pour célébrer le retour dans les salles obscures.

Un fils

En 2011, Farès et Meriem retournent dans le pays de leurs racines, le Tunisie, avec leur fils, Aziz. Le couple a grandi dans un environnement privilégié, et s’est épanoui dans un mode de vie occidental. Lors d’un déplacement en voiture, la famille est victime d’une attaque terroriste et le petit garçon est blessé. Emmené à l’hôpital, le diagnostic tombe : il a besoin d’urgence d’une greffe du foie. En plein désarroi, Farès découvre alors la complexité de son pays, l’opacité de ses décisions, et les mafias de trafics d’organes…

Sami Bouajila (révélé au grand public avec le triomphe cannois d’"Indigènes ") excelle dans le rôle de cet homme traversé par des sentiments contradictoires. Et pour son premier long-métrage, Mehdi Barsaoui parvient à mêler chronique politique et suspense familial – comme l’avait si bien réussi le cinéaste iranien Asghar Farhadi dans "Une séparation". C’est cette double dimension qui fait la richesse d’"Un fils", drame qui tient en haleine de bout en bout.

la séquence JT