Les critiques d'Hugues Dayez avec le blockbuster de l'automne, Inferno

Inferno
Inferno - © DR

Le romancier Dan Brown, le réalisateur Ron Howard, la star Tom Hanks : le trio gagnant qui a déjà produit deux succès au box-office : "Da Vinci Code" (malgré une descente en flammes de la critique internationale) et "Anges et Démons" (nettement mieux coté). Voici aujourd’hui "Inferno"…

Tout commence à Florence par le suicide d’un milliardaire, un brillant scientifique obsédé par l’avenir de l’humanité et le problème de la surpopulation. Avant de mourir, il a laissé un testament assez ésotérique qui fait référence au célèbre poème de Dante, "L’enfer". Robert Langdon, le professeur spécialisé dans l’Histoire des symboles  (Tom Hanks bien sûr) va tenter de percer l’énigme de ce testament… L’enjeu est de taille, car il s’agit de détruire un virus qui menace l’humanité toute entière.

On connaît la recette de Dan Brown : 50% de jeu de piste dans l’histoire de l’art, 50% de suspense ancré dans une problématique contemporaine. Ici, la gymnastique entre indices du passé et enjeux du présent est assez astucieuse et efficace. A l’actif du film, il y a le savoir-faire de Ron Howard, qui met évidemment un point d’honneur – c’est le style-même de la série- à tourner des scènes complexes sur les lieux historiques de l’action, dans  des palaces de Florence ou des ruelles de Venise.

Bref, "Inferno", c’est un thriller à grand spectacle comme seul Hollywood est capable d’en produire. Dans le genre "divertissement grand public", le film d’Howard remplit son contrat avec un certain brio.

 

Mal de Pierres

La province française, dans les années 50. Gabrielle (Marion Cotillard) est follement amoureuse d’un homme marié, et crée le scandale dans son village. Pour calmer ses ardeurs, ses parents lui arrangent un mariage avec un ouvrier agricole. Souffrant de calculs rénaux (d’où le titre du film), Gabrielle va subir une cure thermale loin de son mari. Là, elle s’éprend d’un soldat (Louis Garrel), revenu blessé d’Indochine…

On voit bien l’intention de Nicole Garcia avec "Mal de pierres" : réaliser un grand drame romantique, plein de fougue et de passion. Le problème, c’est que la réalisatrice n’a pas les moyens de sa politique : sa mise en scène est sage et peu inventive, et Marion Cotillard n’est guère convaincante. C’est du cinéma français "à l’ancienne", un peu compassé, pas très vibrant. On se demande encore pourquoi Garcia a eu les honneurs d’une sélection dans la compétition officielle à Cannes cette année avec "Mal de pierres", qui n’as suscité qu’une indifférence polie de la critique internationale

 

Brice de Nice 3

Le premier "Brice de Nice" était une cornichonnerie encore sympathique, parce que sans prétention. Remettre le couvert dix ans plus tard avec les mésaventures du surfeur le plus idiot de la Côte d’Azur est la fausse bonne idée par excellence : Jean Dujardin, trop vieux pour le rôle, est pathétique, et toutes les idées comiques (?) du film tombent à plat. Depuis son Oscar pour "The Artist", Dujardin multiplie les ratages avec un mauvais goût très sûr.

Ce "Brice de Nice" peut au moins prétendre à un trophée : celui du navet le plus affligeant de 2016.