Les critiques d'Hugues Dayez avec "Kings" et "Adrift"

Kings, l'affiche
Kings, l'affiche - © Ad Vitam

Au rayon du cinéma d’auteur, le film le plus attendu de la semaine est sans conteste le 2ème long-métrage de la cinéaste Deniz Gamze Ergüven. Il y a trois ans, la jeune réalisatrice turque remportait 4 Césars avec son premier film, "Mustang", splendide portrait de cinq sœurs adolescentes cloîtrées chez elle dans un petit village de Turquie. Fort du succès international de ce film, la cinéaste a pu mettre en chantier un projet américain qui lui tenait à cœur, intitulé "Kings".

L’action du film se déroule à Los Angeles en mai 1992, pendant les émeutes qui éclatèrent lors du procès des policiers blancs qui avaient tabassé à mort un Noir, Rodney King. Le film montre comment Millie, une mère de famille noire incarnée par Halle Berry, va tenter de protéger ses enfants et va se rapprocher d’un voisin blanc, incarné par Daniel Craig… Hélas, le scénario de ce drame racial accumule les maladresses, et Deniz Gamze Erguven ne trouve jamais ses marques et tombe dans les clichés les plus éculés.

Adrift (A la dérive)

Paradoxalement, la bonne surprise cette semaine vient plutôt du côté du cinéma commercial, avec un autre drame, inspiré d’une histoire vraie : "Adrift", "A la dérive". On y retrouve la jeune actrice Shailene Woodley, révélée par les films "Divergente" et confirmée dans la série primée "Big little Lies". Dans "A la dérive", elle incarne une jeune fille, Tami Oldham, qui choisissait de suivre son fiancé plus âgé, Richard Sharp, dans une expédition à la voile de Tahiti vers San Diego. Mais leur voilier fut pris dans une tempête qui laissa son compagnon gravement blessé. Perdue au milieu de l’océan, Tami ne put compter que sur elle-même. Shailene Woodley paye de sa personne dans ce film, récit de survie  en mer, un genre cinématographique qui, quand il est bien filmé comme ici par le cinéaste islandais Baltasar Kormakur, se révèle très prenant et plein de suspense.