Les critiques d'Hugues Dayez avec "Hope", un émouvant drame scandinave

Hope, de Maria Sodhal
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Hope, de Maria Sodhal - © DR

"Hope", c’est le portrait d’un couple réalisé par une femme, Maria Sodahl, qui a puisé dans sa propre expérience douloureuse. Sans tabou, sans concession, sans fard.

Hope

Anja, chorégraphe, a eu trois enfants avec Tomas, producteur, lui-même déjà père de trois enfants nés d’une précédente union. Il y a un an, Anja a surmonté un cancer du poumon. Mais à quelques jours du réveillon de Noël, elle est prise de violentes migraines et consulte un médecin. Le diagnostic est sans appel : elle a des métastases au cerveau, ses jours sont comptés. Alors que la famille s’apprête aux réjouissances de fin d’année, Anja essaie de tenir bon mais elle ne peut s’empêcher de relever tous les échecs de son existence, à commencer par celui de son couple, qui s’effiloche depuis des années… Alors qu’il lui reste peu de temps à vivre, peut-elle encore retrouver une relation forte avec Tomas ?

En exergue de son film, la réalisatrice précise que "Hope" est directement inspiré de son vécu. Le spectateur sait donc d’emblée que la maladie qui frappe Anja ne lui sera pas fatale. Tout suspense étant évacué, Maria Sodahl peut se concentrer ce qui l’intéresse vraiment : face à l’adversité, un couple peut-il faire renaître une complicité, une intimité qu’il a laissé s’éteindre depuis des lustres ? Il y a des accents d’Ingmar Bergman dans ce film qui ausculte le couple au scalpel, sans jamais céder au sentimentalisme ou à la sensiblerie. Sodahl ne verse pas non plus dans l’autocomplaisance, et ne fait pas d’Anja un personnage immédiatement attachant ou sympathique. Au contraire, elle montre combien cette femme, enfermée dans sa douleur et son angoisse, peut parfois se révéler difficile pour son entourage. Andrea Braein Hovig endosse le rôle avec justesse ; face à elle, Stellan Skarsgard prouve, s’il en était besoin, qu’il est un des meilleurs acteurs contemporains. "Hope" est un film qui va jusqu’à l’os, c’est une des grandes vertus du cinéma d’auteur scandinave.

Capone

(disponible en VOD dès ce mercredi)

A 47 ans, après dix ans de prison écopé non pour ses crimes mais pour fraude fiscale, Al Capone est libéré sous condition et vit reclus dans sa somptueuse propriété de Palm Island à Miami Beach. Atteint de neurosyphilis, ses facultés physiques et mentales ne vont pas tarder à se dégrader. "Fonzo" n’en a plus que pour un an à vivre…

Al Capone reste une des figures les plus mythiques du monde des gangsters du XXème Siècle, et son duel avec Eliott Ness a inspiré maintes fois le cinéma (cfr "Les Incorruptibles" de Brian De Palma). Ce qui intéresse le scénariste et réalisateur Josh Trank, en se concentrant sur la dernière année de Capone, c’est réussir une fresque qui pourrait s’intituler "Crépuscule d’une légende". Mais si l’angle d’attaque est a priori intéressant, il fallait sans doute une vision plus inspirée pour faire de "Capone" un film vraiment intéressant. Car Trank échoue, malgré ses tentatives un peu maladroites pour mettre en images les cauchemars du gangster, à dresser un portrait psychologique dense de Scarface. Reste l’interprétation de Tom Hardy qui parvient, malgré un risque réel de cabotinage, à créer une silhouette assez plausible de cet homme autrefois tout-puissant, désormais diminué et guetté par la folie.

Les Trolls 2

Après avoir été exploité avec un énorme succès commercial sur les plateformes de streaming cet été au cinéma, la dernière production des Studios DreamWorks débarque aussi chez nous. L’argument de cette suite des "Trolls" est 100% musical : les petits personnages (inspirés des Smurfs/Schtroumpfs ? Who knows…) vivent dans des communautés séparées, qui se distinguent chacune par un genre musical. Or Reine Barb, chef de la communauté hard-rock, veut dominer tous les autres villages, et ainsi faire disparaître la pop, le folk, le classique… Pour que le hard rock règne en maître. Poppy, le reine de la pop, va tenter d’organiser la contre-attaque.

Avec une bande originale produite par Justin Timberlake, "Trolls 2" est, comme le premier opus, une comédie musicale menée tambour battant. Encore faut-il digérer l’esthétique kitschissime de l’ensemble, monstrueusement bariolé jusqu’à l’écoeurement (Ouille, tant de couleurs vives et fluo, ça finit par piquer aux yeux !)

Les Contes de la Chouette – La chouette en toque

Arnaud Demuynck, producteur et réalisateur belge de dessins animés, a eu une excellente trouvaille il y a quelques années : pourquoi ne pas proposer en salles des séances de courts-métrages, d’une durée de maximum une heure, à destination des tout-petits ? Variété des sujets, pas de longueur… Ces brefs dessins animés, reliés entre eux par une chouette en guise de cérémonie, font un malheur.

La dernière compilation, intitulée "La chouette en toque", réunit des films autour du thème de la gourmandise et dure 50 minutes. Bref, le tempo idéal pour les parents qui veulent initier leurs jeunes enfants à la magie du grand écran…