Les critiques d'Hugues Dayez avec "Arrival", la science-fiction selon Denis Villeneuve

"Arrival", l’arrivée : douze vaisseaux extra-terrestres, ressemblant à des monolithes oblongs, lévitent au-dessus du sol de notre planète. Qui en sont les occupants ? Quelles sont leurs intentions ? Pour le savoir, l’armée américaine enrôle une brillante linguiste (l’excellente Amy Adams) pour tenter d’établir un " premier contact " (c’est le titre français du film) avec ces mystérieux visiteurs.

Sur un thème éculé depuis "La Guerre des Mondes" d’H.G. Wells, le cinéaste québecois Denis Villeneuve réussit la prouesse de signer un film original et envoûtant. Sur le plan esthétique, "Arrival " regorge de trouvailles visuelles. Mais c’est surtout le scénario – dont il ne faut pas ici révéler la progression – qui se révèle d’une intelligence redoutable, jouant avec une temporalité non linéaire avec maestria.

Débarquant sur nos écrans comme un nouveau blockbuster hollywoodien, "Arrival" avance en réalité masqué, lorgnant plus vers la parabole philosophique que vers le film d’action spectaculaire. Autrement dit, il appartient plus à la famille de "2001 Odyssée de l’espace" de Kubrick que celle de "Rencontre du 3ème type" de Spielberg. Et Villeneuve, après "Incendies" et "Prisoners", prouve qu’il est un des cinéastes les plus doués de ces dernières années.

Paterson

Paterson, jeune chauffeur de bus, habite… Paterson, petite ville du New Jersey en décrépitude. Pendant ses pauses, il griffonne des petits poèmes dans son carnet. Pendant ce temps-là, sa compagne, passionnée de noir et blanc, redécore leur logis et cuisine des cupcakes… Chaque jour, Paterson vit la même journée, à quelques détails près : une rencontre dans le bar du coin, une nouvelle lubie de sa compagne.

Les fans du cinéaste Jim Jarmusch crient au chef-d’œuvre depuis la présentation du film à Cannes, voyant en "Paterson " un sommet de poésie. Les non-fans – dont je fais partie – s’ennuient ferme devant l’humour minimaliste et répétitif de ce cinéaste à court d’inspiration depuis si, si longtemps. Le seul charme que dégage "Paterson", c’est celui de ses interprètes, Adam Driver et la belle Golshifteh Farahani.

Papa ou Maman 2

Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte sont les nouveaux rois du théâtre de boulevard à Paris depuis le triomphe du "Prénom". Entre deux pièces, ils trouvent le temps d’écrire des films – qui se révèlent être du théâtre filmé. C’est le cas de ce "Papa ou Maman 2" où l’on retrouve le couple de divorcés du N°1, Vincent (Laurent Lafitte) et Florence (Marina Foïs). Ils ont enterré la hache de guerre, mais la jalousie refait étrangement surface dès qu’ils essayent de nouer une relation avec un nouveau partenaire.

Martin Bourboulon filme ces dialogues spirituels sans la moindre idée de cinéma. Si cette comédie se laisse regarder, c’est surtout grâce à l’abattage de Lafitte. Marina Foïs, elle, ne se renouvelle plus depuis longtemps…

Three Generations (About Ray)

Ramona, adolescente new-yorkaise, veut changer de sexe et devenir Ray. Pour entreprendre les démarches médicales, elle a besoin de l’autorisation parentale. Mais sa mère hésite et son père ne l’a plus vue depuis des lustres. Reste sa grand-mère, lesbienne décomplexée, qui regarde tour ça avec une œil bienveillant…

Pur produit du cinéma américain indépendant, à classer entre "The kids are all right" et les films de Noah Baumbach, "About Ray" brille surtout par son casting : Elle Fanning, Naomi Watts et Susan Sarandon. Fameux trio…