La critique cinéma d'Hugues Dayez

Cette semaine, un film sort du lot, " The woman in gold ", titre français " La femme au tableau ", réalisé par Simon Curtis, avec Helen Mirren dans le rôle principal.

Pourquoi la femme en or ? tout simplement parce qu’il est question de Gustav Klimt, ce grand artiste autrichien a fait le portrait de membres éminents de la haute bourgeoisie de Vienne et parmi ceux-ci, le portrait d’Adèle Bloch-Bauer, un tableau surnommé " la femme en or " et qui peut être considéré comme la Mona Lisa de l'art autrichien.

Le thème central du film est tiré d’une histoire vraie : Maria Altmann, une octogénaire juive, exilée à Los Angeles, reconnaît dans ce tableau, exposé dans un musée prestigieux de Vienne, le portrait de sa tante Adèle. Seulement voilà, la partie de sa famille restée en Europe a été exterminée par les Nazis, et le patrimoine confisqué n’a jamais été restitué après la guerre. Maria Altmann va contacter un jeune avocat américain d’origine autrichienne pour tenter l’impossible, obtenir la restitution de ce tableau alors qu’il fait véritablement partie du patrimoine autrichien.

Alors, on se dit, voilà un thème intéressant pour une enquête, pour un article dans un journal, à la limite pour un bouquin, mais comment en faire un film ? eh bien, on est là une fois de de plus face au savoir-faire anglo-saxon. Ils ont engagé un bon dramaturge (Alexi Kaye Campbell) qui s’est emparé de cette histoire, qui est allé interviewer l’avocat qui s’est chargé de ce dossier - puisque Maria Altmann n’est plus de ce monde, et donc le résultat est, si pas un thriller palpitant, un film qu’on regarde véritablement sans déplaisir parce qu’on suit toutes les arcanes de la justice, ce parcours du combattant pour tenter de restituer un patrimoine privé spolié par les Nazis.

Helen Mirren joue les mains dans les poches, cette vieille autrichienne, Maria Altmann, tandis que Ryan Reynolds joue le jeune avocat idéaliste qui tente l’impossible.

Ce n’est pas d’une originalité folle mais avec un thème aussi difficile, arriver à faire un film qu’on suit sans s’ennuyer une minute, on peut dire bravo.

La Isla Minima

Ce thriller est signé Alberto Rodriguez. On sait que le cinéma espagnol est très fort aujourd’hui dans le cinéma de genre, un exemple, ils ont véritablement renouvelé le genre du cinéma fantastique.

Ici, c’est un thriller dont l’intrigue classique oppose deux flics dans l’Espagne post-Franco des années 80’s : ils sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes. A priori c’est très classique mais là où, c’est intéressant, justement à travers le thriller, le film explore ces périodes charnières, où l’Espagne tente de se reconstruire après la dictature.. "La Isla Minima" a obtenu 10 Goya, l’équivalent des César en Espagne, et il a été très remarqué au BIFF, le festival du thriller et du film fantastique de Bruxelles.