Festival de Cannes, le 6ème film de la compétition : "Le livre d'image", un non-évènement signé Jean-Luc Godard

Jean-Luc Godard en 2010
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Jean-Luc Godard en 2010 - © FABRICE COFFRINI - AFP

Hier soir était projeté le dernier film d’une légende vivante du 7ème art : "Le livre d’image" de Jean-Luc Godard. Mais à 87 ans, le cinéaste franco-suisse n’a, une fois de plus, pas fait le déplacement vers la Croisette.

 

Même pour le cinéphile le plus endurci, "Le livre d’image" de Jean-Luc Godard est une épreuve. Parce que l’ex-enfant terrible de la Nouvelle Vague a délaissé la narration classique depuis belle lurette, et chacun de ses nouveaux longs-métrages est une expérimentation toujours plus radicale et plus opaque. A travers un collage d’extraits de films qui semblent émaner de vieilles cassettes VHS tellement les images sont pourries, Godard, avec une voix off crépusculaire, semble vouloir confronter Occident et Orient, économie capitaliste et culture arabe. "Le livre d’image" est un pensum totalement abscon, mais ce n’est pas une surprise de la part d’un cinéaste qui a rompu son lien avec le public depuis plus de 20 ans. 

La surprise, c’est de voir ce film retenu en compétition, alors que Godard n’en a rien à faire et ne se déplace plus sur la Croisette. Le délégué général du Festival Thierry Frémaux tenait sans doute à marquer le coup des 50 ans de Mai 68, car le cinéaste d’ "A bout de souffle" fut cette année-là un des leaders de la contestation, parvenant à interrompre le Festival.  Godard reste un des derniers mythes du cinéma français, mais cela fait longtemps qu’il ne vit plus, hélas, que sur sa réputation. Les indécrottables nostalgiques peuvent se consoler en contemplant l’affiche de l’édition 2018 du Festival ; c’est une photo de "Pierrot le Fou ", témoignage d’une époque lointaine où Godard faisait encore du cinéma.