Sparkling Bits : "Quand on n’est pas connu, c'est difficile de sortir un album car on tombe plus vite dans l'oubli"

Le trio électro et expérimental privilégie les singles pour se faire connaître du public.

"Sparkling Bits est un très bon groupe bruxellois qui vit sous la menace constante du succès et fait tout pour rester dans l'ombre sans le savoir", peut-on lire dans leur bio. Une boutade, bien sûr. Néanmoins, le trio électro se prend à rêver de concerts plus loin que la Belgique ou le nord de la France. Il tient avant tout à pouvoir remonter sur scène, les strass et paillettes ne sont pas tellement dans leur ligne de mire. "On n'a pas forcément envie d'être dans la lumière parce que la musique que l'on fait n'a pas de vocation ultra commerciale", souligne Jeremy Janssens.

Le groupe se forme en 2008, en duo dans un premier temps, avec Jeremy Janssens et Brice Deloose. Les deux musiciens se rencontrent au Conservatoire de Mons et se lient d’amitié autour de la musique club et techno-house. "Le groupe est le résultat d'une rencontre humaine avant tout, ce n'est pas toujours une question de compétences. On faisait nos musiques séparément mais on se retrouvait toujours à jouer dans les mêmes soirées. On s'est alors dit: pourquoi pas fusionner et faire un groupe ensemble. Mais on n'avait pas vraiment le but derrière de faire un certain style de musique. L'objectif était vraiment de créer ensemble."

Des musiques du monde

Gary Celnik, issu d’une formation jazz, vient compléter la bande il y a trois ans. " Son arrivée ajoute une couleur plus intéressante comme il est issu d’un autre genre de musique et permet de mélanger les styles." Avec sa venue, le trio se recentre sur les mélodies et les harmonies. Le trio nourrit leur musique de toutes leurs influences, que ce soit la techno, la musique acousmatique, l’électro, la musique expérimentale, le jazz, l’ambient, le hip-hop. Des sonorités orientales se font aussi entendre. "On n'est plus du tout limité par la géographie donc on s'approprie un peu tout. Parfois on se rapproche de musiques indiennes, parfois vers des choses plus minimalistes. Il n'y a pas vraiment de lignes directrices."

S’ils préfèrent ne pas donner d’étiquettes à leur musique, ils pensent néanmoins recentrer leur univers à l’avenir. "On se rend bien compte que sans avoir une patte vraiment très claire, les gens sont parfois un peu déstabilisés." Cette refonte passera notamment par le fait de ne plus rien créer en amont et de tout faire en live, ensemble, pendant des résidences pour composer leurs titres.

Des singles plutôt qu’un album

Pour le moment, le groupe préfère se concentrer sur des singles, ils considèrent que le format album est compliqué à adopter avec une musique aussi éclatée. "On a sorti un album à nos débuts mais il est uniquement disponible en vinyle, c’est vraiment un projet de niche. Par la suite, on a voulu jouer davantage donc on s'est quand même creusé la tête sur les moyens de diffusion plus populaires comme le streaming. Quand on n’est pas connu, c'est difficile de sortir un album car on tombe beaucoup plus vite dans l'oubli en sortant douze morceaux d'un coup. On s'est dit qu'il valait donc mieux en sortir les uns après les autres."