Pierres : "Pour la première fois, je vais vraiment au bout des choses et de mes envies"

Deux ans après la fin de son ancien groupe, le guitariste revient avec un projet très personnel, entre pop et bossa-nova et parfois bercé d’Autotune.

Pour son nom de scène, il a souhaité mettre son prénom au pluriel. Pour marquer sa pluralité, ses différentes expériences, ses prochaines aventures. "J’invoque tous les Pierre qui sont en moi, qui m’habitent, qui sont accumulés depuis ma naissance. Si l’un d’entre eux a envie d’avoir voix au chapitre, je le laisse parler. Il n’y a plus d’étiquettes, c’est moi au complet", souligne Pierre Leroy. Avant de se lancer en solo, le jeune musicien originaire d’Arlon a fait ses armes avec le groupe Azerty, aux côtés d’Arnaud Clément. Un duo folk, avec deux guitares et deux voix.

"Ce projet-là commençait à prendre un peu, on avait un manager, on a fait une partie de la tournée des Girls in Hawaii en 2014. Il y avait plein de chouettes choses qui se passaient mais je n’avais pas les plans d’avoir une carrière. " Les deux amis préfèrent en rester là, chacun écrivant d’autres chansons dans son coin. Leur dernier titre en guise d’adieu, "Les Cailloux", marque d’une certaine manière le début de Pierres. Déjà car écrit en français plutôt qu’en anglais et puis parce qu’il a des sonorités Bossa-Nova, que l’on retrouve dans sa musique aujourd’hui. "Azerty est mort en 2019, Pierre est né en 2019."

Ce vendredi 28 mai, Pierres sort son premier mini-album, Disque de platine (titre provisoire). Libre de ses mouvements, il présente sept titres parfois nostalgiques, tantôt comiques. "Pour la première fois, je vais vraiment au bout des choses et de mes envies. Je ne mets pas de freins. Je me dis qu’il faut foncer." Le passage en français lui donne une direction et une impulsion créative. "A l’époque, je détestais la chanson française. Puis j’ai découvert Bertrand Belin. Avec ses chansons, il m’a dit, mec, c’est possible de faire des très belles choses en français. J’ai alors arrêté l’anglais. Je n’ai pas l’accent et je ne sais pas bien parler. Autant miser sur quelque chose que je connais, cela me permet d’être le plus sincère, le plus direct et le plus proche de moi possible", reconnaît-il.

Premier ou deuxième degré

Ses textes et ses clips paraissent teintés d’humour et de second degré. Mais lui ne le voit pas de manière aussi simpliste. "Ma ligne de conduite, est d’essayer, moi, de ne pas prendre parti entre humour ou pas humour, premier ou second degré. C’est de rester avec ma vision, dans un équilibre très instable et assez dangereux, je l’admets. Je tente de trouver cet équilibre-là." Il préfère laisser le choix aux auditeurs et auditrices de situer sa musique, quitte à ce que certaines personnes passent à côté de certaines choses.

Philippe Katerine, on peut le prendre pour un débile, comme on peut le prendre pour un génie. Lui, simplement il ne prend pas parti, il est juste sincère, il fait ses trucs et puis aux autres à voir ce qui est bon à tirer.

Avec humilité, il confie vouloir suivre cette ligne-là." Dans ma personnalité, je suis quelqu’un d’assez rigolo, j’essaye du moins. Ça fait partie de moi. Je vais pas le cacher. Et en même temps, il n’y a pas que ça non plus."

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Sans complexe

Ses chansons, il les décrit comme "décomplexées". Pas de compromis, liberté totale. Dans cette optique-là, il s’amuse avec l’Autotune (un logiciel de correction de voix qui peut aller jusqu’à les rendre robotiques, selon les utilisations) sur plusieurs titres ("Un énorme tattoo" et "Le Soir"). "J’ai découvert l’Autotune avec PNL. Je me suis dit qu’ils géraient ça super bien et j’ai trouvé ça très beau, alors ça m’a donné envie de tester. L’Autotune est devenu pour moi un instrument à part entière. Ça me permet d’explorer d’autres choses."

Pour accompagner son premier disque, Pierre Leroy s’est remis au dessin pour illustrer ses textesGrand amateur de CD, qu’il n’écoute pas mais qu’il aime posséder, il voulait offrir davantage que la musique. "Ces dessins proposent une autre lecture, une autre porte d’entrée sur l’univers de Pierres." Ceux-ci seront notamment visibles lors d’une exposition organisée à La Vallée (Bruxelles) du 4 au 6 juin. "J’aime bien comparer ça à un mariage. Un mariage ça se passe en un jour et après on est crevé et on a l’impression que ça a été beaucoup trop vite. Ici, j’ai la chance de faire une release party en trois jours, j’aurai le temps de serrer la pince à tout le monde. Ça, c’est un plaisir absolu."