Pierre Lizée : "Ecrire des chansons me permet de m’évader"

L’ancien candidat de The Voice Belgique passera son été en studio plutôt que sur scène pour pouvoir, enfin, présenter son premier album l’année prochaine.

Il y a cinq ans, il terminait en demi-finale de The Voice Belgique après un passage remarqué dans l’émission. Sa participation, il la doit à un après-midi ennuyant, à traîner sur les réseaux sociaux. "J'ai vu passer l'annonce pour les castings sur mon fil d’actualité, j'ai alors envoyé ma vidéo de candidature. A chaque fois, j'ai été repris pour l'étape suivante. Même si tout ça était un peu le fruit du hasard, la motivation était quand même là. J'avais vraiment envie de le faire", se rappelle Pierre Lizée. "Cette émission m'a donné plus confiance en moi. C'est là que je me suis aperçu que je pouvais chanter. Au début, je chantais mais sans savoir si j'étais juste et si je chantais bien."

Avant de devenir candidat, le jeune Hutois rejoint plusieurs groupes à l’adolescence avec lesquels il participe à quelques concerts. C’est d’ailleurs en observant son grand-frère jouer sur scène qu’il s’est mis à la musique. "Cela m'a donné envie de faire comme lui et d'apprendre la guitare. Je me suis ensuite lancé dans le chant, complètement en autodidacte. Ce n'est pas quelque chose que j'ai appris, c'est venu en m'accompagnant à la guitare et avec beaucoup d'entrainement."

Retomber sur terre

A cette époque, l’apprenti guitariste se met déjà à écrire ses propres chansons. "Elles ne rassemblaient pas à grand-chose !", avoue-t-il. Les textes sont déjà en anglais, comme ceux de ses groupes fétiches : Blur, Oasis, Radiohead. "J’avais besoin de m’exprimer. Comme je ne le fais pas beaucoup en parlant, je suis assez taiseux, je devais le faire en chanson. L’écriture et la composition me permettent de m’évader." Généralement, Pierre Lizée compose en premier les mélodies et construit ensuite les paroles autour d’un mot, d’une idée.

Son premier single, "Chemical Love", sort en 2018. Soit deux ans après s’être fait connaître dans le télé-crochet. A sa sortie du concours, on lui propose également de participer à l’Eurovision. Un processus qui prend du temps et qui n’aboutit finalement pas. " Je n’ai pas profité de l'exposition de l’émission pour sortir un single directement. Déjà parce que je n’avais pas de chansons à ce moment-là mais aussi car je devais prendre du recul par rapport à ce que je voulais faire." Il confie s’être senti parfois déconnecté du monde pendant le tournage, de n'avoir pu penser qu’à ça. "Quand ça se fini, on doit retomber sur terre."

Virage musical

Ce tourbillon médiatique et cette célébrité naissante lui inspire "Lost In The Hype" , publié fin de l’année dernière. "Ce titre est une remise en question de tous ces mondes, des réseaux sociaux, du pouvoir. Ma chanson ne se positionne pas contre tout ça, c'est surtout un ressenti." S’il concède se sentir parfois perdu dans ces mondes, il assure que son amour pour la musique l’emportera toujours.

Tout comme "I’m Sorry", cette chanson marque un virage musical pour Pierre Lizée. Son premier titre était imprégné d’électro et semblait destiné pour les radios. Il revient dorénavant à des arrangements plus dépouillés, où les instruments prennent davantage de place. "Sur mon premier single, je ne savais pas encore vraiment où je voulais aller musicalement. Je voulais quelque chose qui reste dans la tête. J'ai pris le temps de me recentrer et de chercher vraiment le son que je voulais proposer aux gens. J'ai l'impression de l'avoir plus trouvé aujourd'hui, il y a des cordes, une production un peu plus pensée."

Après deux morceaux à l’ambiance mélancolique, le fan d’Harry Styles est de retour avec une pop solaire sur "Stunning Light". "C'est la première fois que j'écris un titre plus groovy, plus heureux dans le texte et la mélodie. J'y parle d'espoir et de la beauté du monde qui nous entoure. " Pour ce dernier single, Pierre Lizée a continué sa collaboration avec l’ingénieur du son et réalisateur Grégoire Gerstmans et est parti l’enregistrer au studio de Jean Vanesse (Mustii, Kid Noize). Un premier mini-album sera être disponible à la rentrée (qui devrait inclure un titre en français), avant un disque long-format l’année prochaine.