Olvo : "Je préfère être perçu comme un compositeur plutôt qu’un beatmaker"

Le compositeur de musique électronique originaire de Namur a pris du temps avant d’oser se lancer véritablement dans la musique. Il vient de sortir son premier album, Limitless Possibilities.

"Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme", "fais ce dont tu as envie", "il n’y a personne de nouveau, il n’y a que toi"… Voici seulement quelques-unes des phrases que l’on peut entendre sur le dernier album de Nicolas Allard, alias Olvo. Ce jeune artiste originaire de Namur avait besoin de se rassurer, de croire encore plus en son projet et de prendre confiance en son talent. " Ce sont des discours liés au développement personnel. Quand j’ai quitté mon emploi pour me mettre à 100% dans la musique et créer cet album, je me suis dit que je devais y aller à fond. Je me suis mis à chercher sur internet des discours de musiciens qui ont réussi, qui encouragent les autres et qui donnent leurs conseils. "

Avant de se consacrer entièrement à son projet Olvo, lancé en 2015, Nicolas Allard a travaillé dans le design industriel. Un choix par défaut, pour suivre des amis. La musique pourtant, le suit depuis longtemps. Son parcours musical ne commence pas par les instruments ni par l’académie. Il préfère plutôt jouer avec la collection de vinyles et le tourne-disque de ses parents. A 14 ans, l’apprenti DJ est victime d’un accident de voiture, qui résulte en un genou cassé et des mois en chaise roulante. " Avec les sous de l’assurance, j’ai demandé à mes parents de m’offrir des vraies platines. Ce gros choc m’a permis d’avoir enfin du bon matériel et de vraiment me lancer. "

Entre hip-hop et musique électronique

Après avoir pris goût au mixage, l’envie d’intégrer ses propres compositions et de travailler ses propres morceaux prend le dessus. "J’ai eu pas mal de projets musicaux et plein de noms différents. Mais la plupart de ceux-ci étaient vraiment des trucs d’ados ", se souvient le Namurois. " J’ai ensuite participé à un concours sous le nom de Nick Name, pour le jeu de mots entre "Nicolas" et la traduction anglaise de "surnom". J’ai gagné plusieurs prix donc je me suis retrouvé à devoir assumer ce nom-là. Mais au niveau référencement, c’était un peu foireux."

Il se lance ensuite dans l’aventure plus concrètement avec le projet Olvo, avec lequel il va rapidement être invité à Dour, aux Ardentes et à Couleur Café. "J’ai commencé à croire vraiment en ce que je faisais, je me disais que ce n’était pas si mal et que c’était ce que j’ai toujours voulu faire. J’ai un peu ouvert les yeux et je me suis dit, tant pis, je vais tenter." Sur son premier album, Limitless Possibilities, sorti fin 2020, explore ses deux styles de prédilection : le hip-hop et la musique électronique. "Ce sont des musiques j’ai toujours écouté alors naturellement elles se sont réunies quand j’ai commencé à chipoter sur les machines. Je faisais des beats hip-hop et en même temps j’y ajoutais des synthés."

Un producteur plutôt qu’un beatmaker

Sur le disque, Olvo s’entoure de nombreux invités comme Témé Tan sur le titre "Radeau" ou Magic Malik sur "Never Give Up" et "Take a Risk". "J’ai tendance à bosser un peu seul, ce qui est souvent le cas quand on crée des beats ou lorsqu’on est producteur. C’est souvent de la musique de chambre en quelque sorte. Les collaborations permettent de développer les idées que tu n’aurais pas forcément eu tout seul", assure-t-il.

Soucieux de s’affranchir de l’étiquette de beatmaker qu’on pourrait lui donner, Nicolas Allard vient de reprendre des études de théorie musicale et de composition. Il préfère se définir comme un producteur ou un compositeur. "Comme je crée des beats et que je vais vers un style hip-hop, c’est assez évident que l’on me voit comme un beatmaker, mais je trouve que c’est assez cliché et très lié au monde du hip-hop. C’est pour ça que l’album est très éclectique, pour montrer que je sais faire d’autres choses."