It It Anita : "Avec notre nouvel album, on appréhende davantage la direction qu’on veut prendre"

Le quatuor liégeois s’impose de plus en plus sur la scène rock en Belgique mais aussi à l’étranger.

Retourner sur scène, ça les démange. Il faut dire que les quatre membres du groupe It It Anita sont des habitués des concerts. Sur l’année 2019, ils en ont donné près de 80. Leur dernier album, Sauvé, sorti début avril, nous emmène presque au cœur des pogos et de la foule transpirante. Hyperactive, la formation liégeoise fan de Sonic Youth, Nirvana, Pavement et Grandaddy a su s’assurer une place de choix dans la scène grunge noise du paysage musical belge en sortant des disques presque tous les ans depuis 2014.

Un jeudi matin décisif

Tout commence lors d’un concert de Brains dans la Cité ardente en 2012. Mike Goffard, guitariste de Malibu Stacy et Damien Aresta, fondateur du collectif et label Jaune Orange, s’y retrouvent et émettent l’idée de monter un nouveau projet ensemble. "On s’est donné rendez-vous le jeudi suivant au matin. C’est de là que vient d’ailleurs notre premier nom, "Jeudi Matin". On a composé des trucs mais ce n’était pas du tout la formule actuelle de It It Anita, il n’y avait que deux guitares, personne ne chantait. On était plutôt partis sur des choses atmosphériques, post rock", se rappelle Damien Aresta, graphiste de formation.

Très vite, on leur propose de venir jouer un concert. Les deux compères décident d’ajouter une batterie et une basse pour donner plus de corps à leurs chansons. Ils y ajoutent aussi du chant. Le quatuor est ainsi formé et décide de changer de nom après une hallucination visuelle. "It It Anita m’est apparu un jour où j’étais au vernissage d’une exposition d’architecture à Charleroi. 20 batteurs faisaient une performance. Pris dans cette transe, j’ai vu au loin sur une valise d’un des batteurs un autocollant où j’ai cru déchiffrer le nom It It Anita, mais ce n’était pas du tout le cas, ce nom n’existait pas".

Luik Music, à la fois agence et label

En parallèle du groupe, Damien Aresta lance Luik Music, une agence de booking et de management ainsi qu’un label. Ce dernier va d’ailleurs abriter les projets de It It Anita jusqu’à la récente signature du groupe sur le label français, Vicious Circle Records. "Ce n’était pas forcément un objectif, mais ça reste un label de référence en matière de rock. C’est donc vraiment une chance de pouvoir aller là-bas."

Cette nouvelle collaboration leur permet également d’avoir plus de moyens pour la conception de leurs albums. "On a pu avoir plus de temps cette fois. Vicious Circle a produit l’album, cela nous a permis de davantage discuter et d’avoir une préproduction, ce qui n’était pas le cas sur les projets précédents. Je pense que cela joue dans le résultat final, on a pu aller un peu plus loin dans les détails. "

Avec Sauvé, le quatuor estime mieux appréhender la direction qu’ils veulent prendre à l’avenir. Et ils y pensent déjà avec un prochain album, qui devrait se préparer après leur grosse tournée qui démarre en septembre prochain et qui doit passer par les Nuits Botanique, mais aussi par l’Espagne, la Suisse et la France. Hyperactifs, on disait !