CélénaSophia : "On s’est lancé à fond dans la musique, on n’avait plus rien à perdre"

Pour les deux sœurs, il est impensable de faire de la musique séparément. Elles viennent de sortir leur premier album et prépare déjà la suite.

La musique fait partie de leur ADN. Depuis toutes petites, les deux soeurs sont baignées dedans. "Ça a toujours été une passion pour nous. Notre maman chantait tout le temps Edith Piaf à la maison. Notre père, lui, a fait partie d’un orchestre. Et notre oncle jouait de la guitare", se rappelle Céléna. Pour elles, il était évident de partager, ensemble, cette passion commune. Très vite, elles intègrent les mêmes groupes. Elles apprennent à jouer de la guitare sur le tas, de manière autodidacte. "Au début, on ne savait pas trop jouer. On pouvait seulement faire quelques accords. Je n’ai pas du tout envie de réécouter aujourd’hui ce que l’on faisait à ce moment-là", plaisante Sophia, qui privilégie les guitares électriques, tandis que sa sœur a un penchant pour les acoustiques.

Elles comprennent très vite qu’elles préfèrent constituer un duo et créer quelque chose qui leur appartient. Impossible pour elles de ne pas jouer ensemble, comme une pulsion créatrice, un lien familial qui devient musical. Leur histoire commence en 2013 avec le titre "Dis-le moi plus fort", aux sonorités folk. Les sœurs arrêtent leur boulot respectif pour se plonger entièrement dans ce projet. La mort de leur mère leur donne l’impulsion nécessaire pour effectuer ce saut dans l’inconnu. "Quand on a perdu notre maman, on était face à deux choix : soit on arrête et on s'enfonce, soit on veut la rendre fière en réalisant son rêve. A ce moment-là, on s'est lancé à fond dedans, on n’avait plus rien à perdre", confie Sophia.

Des textes imagés

Leur premier mini-album composé de cinq titres, A l’aventure, leur permet de faire de nombreuses dates, d’abord dans des cafés puis dans des festivals, jusqu’à les amener jouer au Canada. "On a beaucoup tourné. Cela nous a permis d'acquérir beaucoup d'expériences. On a fait plein de résidences, de coaching et de voyages ", raconte Sophia. Le tandem fait également de multiples rencontres, comme celle avec Francis Cabrel, qui va les aider à structurer leurs chansons et leur donner plein d’astuces. "Il y a toujours eu une grande ambition derrière le projet, c'est indéniable. Mais on ne voulait pas trop se prendre la tête, ni trop réfléchir. On suivait ce qu'on aimait, ce qui nous faisait vibrer. Les blessures de la vie on fait qu'on a remarqué que dans la vie, on doit faire ce que l'on aime."

Se diriger vers le français était pour elles naturel, après avoir grandi en écoutant Renaud et Keny Arkana.  Les textes, écrits par Céléna, s’inspirent de la vie réelle, des choses qu’elle observe, de ses expériences. "J'essaie d'écrire les choses de façon aussi imagées que je me les représente dans ma tête. Je veux parler avant tout des choses qui me touche ", assure-t-elle. Cette recherche de sensibilité se prolonge dans leur premier album, Les Géantes Bleues, sorti au début de cette année. "Dans l’une des chansons, on parle de la folie. Pendant tout un temps, je tournais en rond, je me sentais un peu morose, j’avais besoin de retrouver cette flamme et d’écrire un texte pour me libérer. Le fait d'écrire me permet de transformer les émotions négatives en quelque chose de positif."

Si la ligne directrice de CélénaSophia n’a pas changé sur ce disque, elles restent dans un univers " brut, écorché, mais toujours avec une touche d’espoir ", celle musicale a quelque peu bougé. Le binôme s’est dirigé vers une musique plus "urbaine", aux accents électro, où elles mélanges guitares, piano, xylophone, mandoline, pédales loop et percussions aux pieds.

Reprendre la route des concerts

Férues de travail, elles se voient tous les jours. "On met en place un planning et on s'y tient chaque jour. On se donne des dates de répétition ou de composition. On travaille aussi chacune de nos côtés. Parfois, je peux composer une chanson et lui faire écouter pour voir si elle sera inspirée pour écrire un texte, ça peut aussi être le contraire", détaille Sophia. Elles insistent sur le fait qu’elles composent beaucoup à l’instinct, en fonction de ce qu’elles ressentent.

Dans le futur, elles aimeraient pouvoir tout faire elles-mêmes. Pour y arriver, Céléna suit une formation pour arranger des chansons. C’est d’ailleurs l’une des rares choses que les frangines n’ont pas faites ensemble. Plusieurs nouveaux titres sont déjà prêts. Elles aimeraient pouvoir les présenter rapidement en concert. "La réaction du public aide beaucoup, on peut se rendre compte des endroits où l’on doit plus travailler pour rendre les chansons accrocheuses. C'est vraiment comme ça qu'on travaille nos chansons, on les modifie au fur et à mesure des concerts." CélénaSophia a hâte de reprendre la route." On espère pouvoir, enfin, défendre notre disque, devant plus de 50 personnes qui ne sont pas assises sur une chaise !"