Bayacomputer : "Notre groupe a une vraie personnalité, on ne copie pas, on se laisse aller"

Le trio récemment devenu quatuor se prépare à revenir sur le devant de la scène punk avec un prochain album encore plus nerveux.

Autys, Stephen O’Maltine, T.Raznor. Des noms de scène aussi déjantés que leur musique. Le trio mené par deux tournaisiens et un carolo réveille depuis 2016 la scène post-punk belge. Au départ, la formation compte parmi ses membres Charles, batteur de Mountain Bike. Finalement trop occupé avec son autre groupe, il laisse sa place à Stephen O'Maltine de Spagguetta Orghasmmond, Duflan Duflan ! et de Miss Tetanos avant le premier concert de Bayacomputer. Un nom trouvé après les demandes incessante faites au bassiste de s’acheter un ordinateur.

"On répétait pour des morceaux de Spagguetta Orghasmmond et là Thomas (alias T.Raznor) nous fait écouter le premier morceau de Bayacomputer, "Stevie Smith". A ce moment-là, je me dis que cette chanson est vachement bien, la musique me reste en tête. Une semaine plus tard, je demande qu'il m'envoie le morceau pour l'écouter. J'étais très occupé avec tous mes projets mais j'avais vraiment envie de me lancer dans celui-ci", se souvient Stephen O’Maltine.

Pour les trois musiciens, pris dans de multiples groupes, il n’est pas toujours simple de tout combiner. "C'est d'autant plus compliqué quand tu as trois concerts sur une semaine avec trois groupes différents. Il peut aussi arriver d'avoir deux concerts de deux groupes différents sur le même jour. Il faut savoir jongler avec tout ça. Il faut entretenir la mémoire et le corps." Ils trouvent néanmoins le temps de se retrouver pour composer leur premier album, Discoglass, sorti en 2018, qui aborde le thème de la folie. Le titre d’ouverture, "Psychotic House" est notamment basé sur l’expérience professionnelle d’un des membres.

Moins pop, plus punk

Un disque plus synthé-punk, plus agressif que leurs débuts. "J’ai joué dans plusieurs groupes de métal avant. J'ai un jeu moins pop que le batteur précédent. De fil en aiguille, on est arrivé vers des tempos plus élevés, vers des choses plus soutenues. Les premiers morceaux étaient sans doute plus faciles d'accès, plus calmes." Une évolution naturelle, sans forcer. Ce n’est d’ailleurs pas du tout leur genre de trop réfléchir ou de calculer leur musique. "Tant que cela nous plait, c'est ce qui compte. Bayacomputer a vraiment sa propre personnalité. On ne copie pas, on se laisse vraiment aller."

Le groupe se donne aussi une totale liberté sur l’utilisation de différentes langues. Ils peuvent passer de l’anglais au français, en passant par l’espagnol et l’allemand. "Il n'y a pas encore d'italien, mais ça pourrait venir !  On aime bien mélanger toutes les langues, car elles ont des sonorités différentes. Peu importe au final, tant que musicalement cela sonne bien et que ça fonctionne. Même si on ne parle pas espagnol, il y a toujours moyen de s'en sortir. On écrit pas non plus de grandes tartines de textes. C'est souvent quelques phrases. On aime aussi avoir plusieurs langues dans un seul morceau", souligne Stephen O’Maltine.

Faire revivre leur musique sur scène

Pour le deuxième album qui devrait voir le jour à la rentrée, la formation compte un nouveau membre dans l’équipe : Valentino, le guitariste de Warm Exit. Bien que le disque soit enregistré depuis plus d’un an, le confinement a quelque peu modifié les plans. "Tout a pris beaucoup de retard. Tout a été compliqué. Avec le confinement, il était devenu impossible de mixer à distance. Maintenant, le disque est parti au pressage mais il y a tellement de demandes que les délais sont assez interminables." Sur celui-ci, les membres promettent des titres encore plus énervés et toujours plus punk.

Des morceaux qu’ils ont hâte de pouvoir présenter sur scène, là où tout prend sens pour eux. "Sortir l’album sans concerts, ça ne serait pas drôle du tout. Ce qu'on préfère vraiment, c'est pouvoir enfin jouer, que le disque soit disponible aux concerts et promouvoir finalement le groupe de cette manière. On est plus axé là-dessus." Avec l’arrêt des concerts suite au contexte sanitaire, le groupe s’est quelque peu mis en stand-by. Les membres confient avoir des difficultés à alimenter leurs réseaux sociaux, à faire leur promo ou à prévoir des clips qui sortent à intervalles réguliers. "On a un peu de mal à être super carré, à vraiment planifier tout de manière super professionnel. Ça reste quelque chose de très artisanal au final. Mais le deuxième album va relancer la machine."