Aurel : "J'ai adoré travailler en groupe mais ça demandait beaucoup de compromis"

L’ex-membre de Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord prépare son projet solo avec des titres pop, gorgés de soleil et en français.

Après une dizaine d’années à rouler sa bosse dans différents groupes, Aurelio Mattern vient de véritablement se lancer en solo sous le nom d’Aurel. Véritablement car ses premiers pas en solitaire ont eu lieu il y a deux ans, avec la sortie de titres comme "Oxygène pour 2" ou "Chagrin de Nuit". Des morceaux sortis en autoproduction, sans label ni manager. Il revient aujourd’hui entouré d’une équipe et avec une vision plus affinée de son projet. Les singles "Hier la plage" et "Ah Ouais" dévoilés il y a quelques semaines se chargent de faire les présentations.

Son parcours musical commence comme beaucoup d’autres : une inscription à l’académie pendant l’enfance et la formation d’un groupe entre potes à l’adolescence.  partir du moment où j'ai commencé à partager la musique avec quelqu'un, j'ai commencé à réaliser à quel point ça me plaisait. À ce moment-là, je suis me dit que si je pouvais en faire mon métier, ma vie du quotidien, ce serait vraiment bien mais je n'y croyais pas trop. C'était plus un rêve, un projet que je gardais dans ma tête", indique-t-il. Il trouve alors une roue de secours en suivant une formation pour devenir instituteur.

Aux côtés de Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord

Après avoir travaillé dans une école pendant quelques années, la musique le rattrape. Il fonde son premier groupe, Lucy Lucy, en 2009. Porté par le tube "Clock", le quintette multiplie les concerts en Belgique et dans les pays voisins. Le statut d’artiste en poche, Aurelio Mattern met alors l’enseignement de côté. Il forme par la suite Paon, avec Ben Bailleux-Beyonon de The Tellers avant de se lancer aux côtés de sa sœur, Maria-Laetitia Mattern, avec Sonnfjord. "Pour la première fois, je n'étais plus le leader d'un projet, ce n'était plus moi qui composais. J'étais vraiment au service de ma sœur en tant qu'arrangeur, musicien, producteur. C'était une nouvelle facette de la musique que je n’avais pas encore pu expérimenter."

Après toutes ces expériences en groupe, Aurel ressent de plus en plus le besoin de s’exprimer seul. "J'ai adoré travailler en groupe mais ça demandait beaucoup de compromis. Il y avait donc parfois un peu de frustration à abandonner des idées quand elles ne plaisaient pas aux autres", confie-t-il. Se lancer en solo, c’est aussi une prise de risque et une mise en danger. Il avoue aimer le défi et l’adrénaline de se retrouver seul sur scène. Il reconnaît malgré tout que ces aventures lui ont permis d’apprendre beaucoup sur le métier et de faire ses armes. "J’avais envie pour une fois d'aller le plus loin possible tout seul. Sur mes morceaux, je joue tous les instruments sauf la batterie. Je m’occupe des basses, des claviers, de faire l’enregistrement, des structures, des textes. Tout ça, je l’ai appris à travers mes trois derniers projets."

Chanter en français pour se démarquer

Imprégné de la musique de ses anciens groupes, le guitariste doit trouver sa propre patte, sa propre identité musicale."C'était difficile de trouver où je voulais aller. J'ai bourlingué entre plein de styles différents pendant trois ans. Il y avait des morceaux qui se rapprochaient du style de Paon en anglais plutôt psyché, d'autres plus pop à la Sonnfjord, et certaines plus acoustiques à la Lucy Lucy. Il m'a fallu du temps pour faire un mélange de tout ça." Le déclic se fait lorsqu’il commence à écrire en français, influencé par Voyou, La Femme, Flavien Berger ou encore Odezenne.

Son premier mini-album est prévu pour la mi-juin. Pandémie oblige, le disque a été composé à distance avec l’ingénieur du son français Perceval Carré. Plutôt que d’enregistrer dans un studio parisien, Aurel a dû tout gérer depuis chez lui. "C'est une manière de travailler que j'ai vraiment beaucoup aimé parce que ça me permettait de prendre le temps d'enregistrer, sans avoir de pression, souligne-t-il. Quand on est en studio, on sait que ça coûte cher, on est en face de gens qu'on ne connaît pas spécialement. Je venais tout juste de rencontrer Perceval, enregistrer des voix devant lui me mettait un peu mal à l'aise." Son premier album sera d’ailleurs enregistré de la même façon, même si les frontières françaises s’ouvrent peu à peu.

Découvrez l'univers d'Aurel dans son concert enregistré au Rideau Rouge dans le cadre du plan Restart de la RTBF.