Témé Tan: "J'aspire à faire une musique universelle!"

Témé Tan: "J’aspire à faire une musique universelle!"
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Témé Tan: "J’aspire à faire une musique universelle!" - © Mikimikostudio

Son single "Ca va pas la tête" ouvrait les portes d’un premier album chaud et chaloupé, meilleur compagnon des soirées d’hiver qui s’annoncent. Son concert au Botanique le 29 novembre est complet!

Des ingrédients qui mijotent à feux doux avant de dévoiler toutes leurs saveurs. Voilà ce que nous inspire le premier album de Témé Tan, un garçon d’une impressionnante douceur qui a su imposer calmement ses mélodies épicées comme autant de souffles présents presque sans y prêter attention.

Cette impression de fluidité ne s’est pourtant pas invitée d’emblée, comme il nous l’explique, regard malicieux derrière ses grandes lunettes: "En 2011, j’ai sorti un premier EP de neuf titres de morceaux indie/pop, la musique était plus complexe, il n’a pas bien marché. J’ai été fort déçu et je suis parti sur un coup de tète en Amérique latine. Là-bas, j’ai été frappé par le côté beaucoup plus instinctif et festif de la musique, notamment la samba au Brésil. J’ai eu un véritable coup de foudre et j’ai décidé de faire des musiques plus dansantes".

Ce fut sans doute la meilleure décision que Tanguy pouvait prendre, quand on entend aujourd’hui ce premier album qui regorge de pépites entêtantes.

"L’album s’est construit progressivement. Je ne croyais plus trop au modèle d’un disque. J’avais été déçu de l’expérience passée. Je pensais sortir des 45 tours. J’aime beaucoup l’objet. Et puis, faire des clips. J’ai un côté autodidacte, qui aime chipoter. Aujourd’hui, tu peux faire de très jolies choses avec très peu de moyens. Mais voilà, j’avais sorti le morceau Améthys, qui s’est retrouvé sur Radio Nova et a commencé progressivement à bien tourner."

""Améthys", c’était le surnom que je donnais à ma maman. Elle croyait en la vertu des pierres et des cristaux, notamment de la  pierre améthyste qui, selon elle, devait m’aider à étudier et à méditer. Plus tard, j’ai découvert que c’était aussi une pierre qui favorisait la création, une pierre porte-bonheur pour les artistes. C’est une chanson nostalgique mais pas triste, pour célébrer la vie de ma mère, preuve que la nostalgie et la danse peuvent faire bon ménage!"

Ce morceau a agi comme un talisman pour le jeune Belgo-Congolais, comme une porte d’entrée vers l’exploration de son inspiration. "Une maison de disque est venue me trouver avec l’idée de faire un album et j’ai fini par embarquer dans l’aventure. Travailler sur la cohérence d’une dizaine de titres, c’est un vrai défi car il y a des morceaux qui datent de périodes très différentes. "Coup de griffes" est le plus récent, il date du printemps passé. Jusqu’ici, j’ai beaucoup existé par la scène, l’album est une nouvelle étape."

Débarqué du Congo à Landen à l’âge de 11 ans, il dépasse allégrement la frontière linguistique et tourne pas mal en Flandre. "J’aspire à faire une musique universelle. Le meilleur compliment qu’on m’ait fait, c’était en sortant de scène un jour en Angleterre, un spectateur m’a dit: "Je n’ai aucune idée de ce que vous chantez mais j’adore ça!""

Quelle plus belle ambition pour un artiste autodidacte qui n’a de cesse de chercher et d’explorer les sons et les territoires. "La découverte et la création son indissociable dans ma vie", nous lance–t-il à l’heure de prendre congé, comme le résumé d’un parcours singulier promis à des lendemains qui chantent… et qui font danser!

 

François Colinet

Témé Tan, "Témé Tan" (PIAS)