Rétro 2015: notre Top 10 Albums francophones

Louis Jean Cormier
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Louis Jean Cormier - © Droits réservés

Encore une année de passée! Remplie de musique, comme il nous plait! Pleine de réjouissantes sensations et de bonnes notes, évidemment!

Comme à chaque fois, on a écrémé pour ne vous livrer que le meilleur de ce que l'on a écouté cette année. Peu de découvertes en français, à part la claque Feu! Chatterton qui se glisse entre nos deux gros coups de cœur québecois, une fois encore !

Quelques confirmations, et de très beaux retours qui nous mettent en joie !

Alors savourez avec nous et retrouvez aussi le Top 50 de David Salomonowicz, une belle plume pleine de flair et d'expertise!

Bonnes découvertes et... bonnes fêtes !

1. Louis Jean Cormier, "Les grandes artères" (Simone Records)

Star au Québec mais quasiment inconnu ici, c’est pourtant celui qui nous fait le plus vibrer en français depuis deux ans! Après son formidable "13e étage", notre album francophone de l’année 2013, l’ex-chanteur de Karkwa revient avec un deuxième disque solo encore plus poignant, ajoutant à son arsenal folk-rock des touches de cuivres saisissantes. Amour, désir, séparation. Mais aussi " Traverser les travaux ", magnifique chanson sur le burn-out et " St Michel " qui modifiera à jamais votre perception de celui qui mendie au feu rouge, ce disque est une merveille à découvrir d’urgence. Mais, hélas, à commander sur Internet car il n’est pas (encore ?) distribué chez nous. Immense coup de cœur!

2. Feu! Chatterton, "Ici le jour (a tout enseveli)" (Barclay/Univresal)

Ils sont pour nous, LA révélation de l’année. Un groupe de rock français énergique et original. Un chanteur au style dandy, maniéré et hyper expressif. Et une tornade sur scène. Voilà les éléments qui ont permis à leur premier album de faire beaucoup parler de lui. Et de séduire tous ceux qui attendaient ce renouveau depuis (trop?) longtemps. Réjouissant!

Nous étions au concert

En concert le 19 mai au Cirque Royal dans le cadre des Nuits Botanique

3. Ariane Moffatt, "22h22" (Simone Records/PIAS)

Autre gros coup de cœur québécois, cette jeune maman de jumeaux sort un disque d’une humanité désarmante qui remet le piano au centre, parmi ses plaisirs électroniques. Moins dansant malgré l’irrésistible "Debout", c’est un album de l’intime, l’histoire d’une femme qui en aime une autre et que la maternité ramène à l’essence de son art, au plus près de son être. Une collection de chansons qui s’immiscent au cœur de nos émotions. Avec un cœur gros comme ça!

 

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4. Dominique A, "Eleor" (Cinq7/ PIAS)

On le savait déjà: Dominique A est un grand artiste, un merveilleux poète comme le prouve son dernier disque. Plus calme, plus apaisé, il manie subtilement les allégories pour nous proposer un voyage plein d’images énigmatiques et de notes entêtantes qui, à travers les années, gardent leurs racines rock. Un cas à part dans la chanson française. Une différence cultivée avec goût!

En concert le 13 janvier à l’Ancienne Belgique (Avec Joseph d'Anvers en 1è partie, voir no 7)

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Nous étions au concert

5. Francis Cabrel, "In Extremis" (Chandelle/Sony)

À chaque fois l’angoisse, et à chaque fois l’émerveillement! Certes, il prend son temps (sept ans depuis son dernier album studio) mais les années n’ont pas d’emprise sur son talent. Oh, rien de révolutionnaire. Juste de jolies chansons d’amour: de son conjoint, de ses enfants (" Les tours gratuits " sublime texte sur le temps qui fait grandir les marmots), de la planète aussi. Une conscience à la sauce blues et rock, inquiète mais toujours poétique. Comme la visite d’un vieil ami qui réchauffe le cœur…

En concert les 4 et 5 mars à Forest National

Nous étions au concert

6. Les Innocents, "Mandarine" (Jive-Epic/Sony)

Annoncé depuis deux ans, ce come-back avait tout pour se casser la figure. Mais il a réussi au-delà des espérances! Revenant à la base de leur complicité, Jipé et Jean-Chri ont mis fin à 15 ans de silence avec un album tout simple, construit avec leurs guitares et leurs voix, nous offrant à nouveau quelques jouissances mélodiques ("Love qui peut", "J’ai couru"). Un disque que l’on n'espérait plus et qui donne lieu à une tournée de retrouvailles des plus savoureuses!

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Nous étions au concert

En concert le 31 mars à La Madeleine

7. Joseph d’Anvers, "Les matins blancs" (At(h)ome/LC Music)

Collaborateur multiforme (de Bashung à Dick Rivers, mais aussi écrivain et compositeur de musique de film), les médias ignorent injustement celui dont ils avaient encensé le premier disque. Après deux albums plus difficiles d’accès, ce quatrième essai séduit par ses mélodies directes débarrassées de toutes fioritures et joliment arrangées. Le tout servi par une voix plus claire et posée. Un plaisir retrouvé et très communicatif sur scène. La très belle surprise de l’année!

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Nous étions au concert

En concert le 13 janvier à l'Ancienne Belgique (1è partie de Dominique A)

8. Bertrand Belin, "Cap Waller" (Cinq7/PIAS)

Depuis son crépusculaire album "Hypernuit", son univers nous envoûte. Ambiance moite, petits bouts de vie de héros mystérieux, il nous emmène dans un voyage qui fait gambader notre imaginaire entre les rives d’un fleuve. Le Mississippi? Le Niger? Ou autour d’un feu (la transe n’est pas loin dans  Folle, folle, folle") Sa voix caverneuse et son écriture digne du romancier qu’il est désormais (son premier roman "Requins" ne nous a pas entièrement convaincu) emballent le tout pour en faire un cadeau précieux.

En concert le 26 janvier au Botanique

9. Raphaël, "Somnambules" (Warner)

Voilà un artiste fascinant de ressources! Loin de la gloire qui fut la sienne il y a 10 ans (déjà!) avec le merveilleux album "Caravane", il creuse un sillon qui oscille entre le brut (le bien trop torturé "Super-Welter sorti il y a deux ans) et le beau, le très beau même avec ce disque construit autour de l’enfance et enregistré avec des jolies voix de bambins.

Il y retrouve son art de la mélodie et se réinvente une fois encore. Ce mec a beaucoup de talent!

 

 

Nous étions au concert

10. Louis, Matthieu, Joseph & Anna Chedid (Barclay/Universal)

Ce disque grave l’événement francophone de l’année: la petite sortie en famille des Chedid, le temps d’une tournée à quatre et rien qu’à quatre, passant d'un instrument à l'autre.

Brillante idée et moment unique! Ce n’est évidemment pas un nouveau disque, chacun reprenant les chansons des autres sur cet album studio, mais ces réinterprétations valaient bien d’être épinglées dans notre Top pour leur aspect original et inattendu. La beauté de l’éphémère...!

 

Nous étions au concert

François Colinet