Rencontre coup de cœur avec Leila Huissoud

Rencontre avec Leila Huissoud, gros coup de cœur à découvrir ce samedi à Soignies!
Rencontre avec Leila Huissoud, gros coup de cœur à découvrir ce samedi à Soignies! - © Alexandre Fournel

Amusé, affûté, assumé, le verbe de cette toute jeune femme rappelle Lynda Lemay ou Anne Sylvestre. Elle dynamitera le festival "Fous alliés" ce samedi 24 mars au Centre Culturel de Soignies.

Découverte en première partie du concert de Balimurphy le 7 février dernier, la personnalité de Leila Huissoud et son premier album "L’ombre" nous accompagnent depuis avec délectation.

A 20 ans à peine, toute frêle et toute mignonne, son allure contraste complétement avec les propos bruts, directs et diablement pertinents d’un sacré bout de femme, biberonnée à la tradition de la "grande chanson française" et qui lui donne un merveilleux coup de frais.

Dès les premières strophes, la filiation avec Lynda Lemay paraît évidente…

Oui, évidemment! Je l’ai beaucoup écoutée. J’étais tellement contente d’avoir une vraie bonne femme face à moi. Ni fragile, ni sensuelle, ni feinte. Elle reste une femme pour autant mais assume ce côté hyper direct. Elle a changé ma foi dans les chanteuses. J’en ai découvert d’autres comme Evelyne Gallet, par exemple. Anne Sylvestre est une autre référence évidente pour moi. Elle m’a confortée dans mon idée de n’en faire qu’à ma tête. Elle m’a dit: "A mon âge, si je n’ai pas envie de chanter 'Les gens qui doutent', je ne le ferai pas, même si tout le public le demande". J’adore cette magnifique chanson mais je suis heureuse qu’elle ait choisi d’en faire une autre, que je ne connaissais pas.

Comment vous est venu ce plaisir des textes?

J’étais une petite fille dyslexique mais j’adore le français. Quelle langue magnifique! Au début, je lisais surtout des recueils de poésies. Parce que tu peux doser ton effort, lire une page et puis refermer. J’ai écrit des textes mais personne ne savait me relire! Alors, j’ai commencé à les déclamer. Et puis à les chanter, comme pour détourner le handicap. Du coup, je n’écris pas mes chansons, il y a des gens qui écrivent pour moi.

C’est mon papa qui m’a donné le goût et la curiosité de la "culture chanson". Brassens, c’est la base. Puis Barbara, Ferré et tous les autres.

Chanter, ça me va, mais j’aime surtout "écrire" mes mots. J’aime pouvoir m’exprimer mais "écrire" pour les autres me plait encore plus. Aborder autre chose avec les voix d’autres gens, c’est très intéressant.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans "The Voice France", qui semble si loin de votre univers...?

J’ai fait des études à Strasbourg, ce qui m’a permis de faire l’expérience de la rue dans une ville où personne ne me connaissait. Dans la rue, les gens n’ont aucun intérêt à te dire si c’est bien ou pas. Ils passent et c’est tout. Ils ne s’arrêtent que s’ils ont vraiment été touchés.

Un jour, j’ai fait les premières parties d’un ancien candidat à "The Voice" et il y avait des "casteurs" dans le public. J’y suis allée sans ambition, comme une sorte de stage d’observation en télé.

Pourquoi avoir décidé d’enregistrer votre premier album en public? Cela devient très inhabituel de nos jours…

Oui, c’est un peu prendre les choses à l’envers. Mais au début, je pensais que je ne savais pas chanter sans les gens, j’avais absolument besoin des  interactions, que quelque chose se passe. À l’époque, je sortais de mon expérience de la rue et des bars. Je n’avais pas d’expérience studio. Je ne savais pas comment faire, donc j’ai fait un album avec ce que je savais faire. On vient de terminer le prochain, en studio cette fois, avec plein d’arrangements très variés. Il sera très différent de celui-ci et sortira en novembre. J’ai hâte…

 

Entretien : François Colinet

En concert le samedi 24 mars au Centre Culturel de Soignies dans le cadre du festival "Fous alliés"