Rencontre avec les Intergalactic Lovers, qui signent un album lumineux !

Rencontre avec les Intergalactic Lovers, qui signent un album lumineux!
Rencontre avec les Intergalactic Lovers, qui signent un album lumineux! - © Olivier Biron

Retour solaire avec "Exhale" pour un des groupes flamands qui nous touchent le plus. Rencontre au long cours sous les toiles du Musée Magritte, avant une tournée en mode conquérant. Complet le 2 novembre, ils reviennent le 14 février à l’Ancienne Belgique !

Les coups de cœur ne peuvent pas vraiment s’expliquer. Dans un second temps, on essaie parfois de décortiquer les raisons de cet enthousiasme qui nous envahit dès la première écoute. Mais, il est d’abord instinctif et sans filtre. On se souvient encore de l’arrivée dans nos oreilles de "Greetings & salutations" premier essai brillamment transformé par Lara Chedraoui et ses potes.

Un son pop/rock profond, habité, brumeux parfois comme l’étaient les pochettes de deux premiers disques. Pour le troisième, "Place à la couleur !", s’exclame Maarten Huyghens, le guitariste, souriant et doux comme à son habitude. Lara, chanteuse magnétique, acquiesce, toute heureuse de présenter enfin ce nouveau bébé. Adorable de franchise et de spontanéité, le plaisir de la rencontre se prolonge. À trois ans d’intervalle, cela non plus n’a pas changé!

"L’album est fini depuis six mois déjà, avoue-t- elle. Cela fait plaisir de le présenter enfin au public ! Dans l’intervalle, on a dû chercher un nouveau label. Pour les deux premiers disques, on était dans une major mais le bureau belge n’avait pas la décision finale de continuer avec nous. Le label Unday nous a finalement séduits. Avec moins de moyens, les plus petits labels ont souvent plus d’audace et d’envie."

Le côté plus lumineux de ce troisième album saute aux oreilles. "C’est un son plus proche de notre son live", s’enthousiasme Maarten. "Le groupe n’a pas changé depuis nos débuts. Plus on se connait, plus la relation s’approfondit. Les questions sur lesquelles on discute sont plus fondamentales aussi. J’ai l’impression que le plaisir de jouer grandit encore!"

"La tournée, ce n’est pas que la fête, précise Lara. C’est du travail et une structure. En dehors de la tournée, c’est un peu le chaos dans ma tète. Je me sens parfois inutile. Il y a des journées vides puisque, en dehors de la musique, je ne travaille pas sur base régulière. Je suis très heureuse de recommencer. Cela m’a manqué !"

Après une pré-production dans une usine désaffectée d’Alost, "où on peut faire plein de bruit sans déranger personne", ils ont peaufiné ce nouveau chapitre  avec Gil Norton, réalisateur de disques pour les Foo Fighters, Pixies, Counting Crows ou encore Patti Smith. "On avait une liste de gens avec lesquels on aurait aimé travailler, se souvient Lara, mais Gil est arrivé par la bande. Il s’est proposé après avoir écouté notre album précédent. On lui a envoyé des morceaux et son retour nous semblait très juste. Au début, on avait un peu peur, difficile de cerner le potentiel d’une relation en discutant sur Skype ! Il a été très sensible, humble et efficace on a travaillé deux ou trois mois ensemble et cela s’est très bien passé."

Le single "Between the lines" ouvre l’album et s’offre un clip en clins d’yeux surréalistes à l’univers de Magritte : "On aime travailler nos clips avec Jeff Bronder, confesse Lara. Il nous a fait remarquer que l’univers de Magritte fonctionnait très bien avec la chanson. L’idée que la vérité ne se dévoile jamais au premier regard. Je pense que Magritte était très bien dans sa tète, il ne faisait pas semblant qu’il y avait un ordre logique !"

Après l’écriture, la production, l’enregistrement, il y a eu l’attente de la sortie : "C’était parfois difficile pour moi. Arcade Fire, War on Drugs et d’autres artistes sortent leurs nouveaux. Je suis très vite intimidée quand d’autres choses sortent et que toi, tu ne peux plus rien changer à ton disque, qui ne sort pas tout de suite. Par les idées qu’ils ont eues et qui nous ont échappé ou de peur que certaines choses se ressemblent trop. Je suis heureuse que le disque sorte enfin et que l’on puisse penser à la tournée".

Des concerts qu’ils abordent en mode conquérants : "En dehors de la Belgique, on tourne beaucoup en Allemagne, où on a construit notre audience petit à petit. On a travaillé très dur pour gagner ce public. On est enfin distribué en France et on a trouvé un booker là-bas, donc on espère beaucoup. Cuistot passionnée, après les Schnitzel, j’ai vraiment hâte de me spécialiser dans les vins et le fromage !".

Une boutade remplie d’envie et d’espoir. D’une pointe d’angoisse aussi, sans doute, à l’heure de reprendre possession de la scène comme un immense terrain de jeu pour l’instant présent. "Sur scène comme dans la vie, l’important, c’est de lâcher prise. Ne pas rester accroché au passé. Mais, apprendre à expirer, ce n’est pas si simple..."

Ce magnifique album devrait nous y aider !

François Colinet

En concert le 1er novembre à Eupen, le 2 novembre (complet) et le 14 février à l’Ancienne Belgique.