Rencontre avec Juniore et sa brillante moderne nostalgie!

Rencontre avec Juniore et sa brillante moderne nostalgie!
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Rencontre avec Juniore et sa brillante moderne nostalgie! - © Sandra Matamoros

Avec "Ouh là là", elle signe une plongée francophile dans la mélancolie légère des yéyés. Un poignant exercice de style à découvrir ce 29 mars au Botanique!

Plongée dans une époque qu’elle vit par les voies magiques de la musique, Juniore, fille cadette de l’écrivain JMG Le Clézio, transforme un brillant premier essai. Rencontre avec une jeune femme qui a osé grandir avec son projet. Attention talent!

Comment cette aventure a-t-elle commencé?

Il y a quelques années, j’ai voulu lancer un projet entre copines, pour retrouver l’énergie des groupes féminins, très présente chez Motown par exemple. C’était un projet complètement amateur, toutes n’étaient pas musiciennes, d’ailleurs. Et puis la vie avance, certaines déménagent ou font des bébés. Quelque temps plus tard, je me suis alors tournée vers deux musiciennes professionnelles pour former un trio qui, avec le temps, devient un groupe de copines.

Pourquoi avoir choisi de travailler avec Samy Osta?

Je connais Samy depuis le lycée. C’était donc une évidence de travailler avec lui. J’aime sa façon de travailler dans l’instant. Il conçoit l’enregistrement comme une succession de photos, puisque deux interprétations du même morceau ne seront jamais pareilles. Sur l’album, ces instantanés sont gravés, donc on essaie de s’appliquer au mieux, mais cela enlève un peu le côté obsessionnel de la prise parfaite.

Quelle relation entretenez-vous avec la période yéyés?

J’ai grandi à Nice, où plusieurs endroits (des cafés, restos, magasins...) font encore explicitement référence aux années 60. Cette époque m’a donc accompagnée, même sans l’avoir vécue. Je me suis d’abord intéressée à la musique anglo-saxonne puis j’ai écouté une radio qui diffusait des vieilleries francophones d’il y a 50 ans.

Il y a clairement des accents mélancoliques dans ce disque mais j’ai l’impression que dans les années 60, la mélancolie se conjuguait avec une forme de légèreté que nous ne vivons plus de nos jours. J’aime ce mélange de deux sentiments opposés.

Rendre l’univers des sixties de façon crédible n’est pas une démarche facile…

En effet, je vois parfois cet album comme l’aboutissement d’un grand travail de recherche. Sur les instruments, les sons mais aussi pour les mots, sur l’ambiance et les réalités de l’époque. J’ai adoré me plonger dedans!

La carrière d’écrivain de votre papa vous a-t-elle inspirée?

Paradoxalement, je pense que cela m’a plutôt inhibée! A la maison, l’écriture était assez sacralisée. On en parlait peu. Oser écrire des textes dans ce contexte est assez intimidant. D’un autre côté, il y avait des dictionnaires partout. Le choix du mot adéquat et la curiosité lexicale faisaient partie de mon quotidien.

Comme je suis de nature réservée, il a fallu que j’ose dévoiler et assumer mon projet. Un travail perpétuel. Mais, la présence sur scène de mes deux copines me permet de voir ça comme une vraie proposition commune. On est ensemble et cette solidarité, qui se ressent fort sur scène, me permet d’être plus à l’aise et d’apprendre à chaque fois davantage!

 

Entretien: François Colinet

En concert ce mercredi 29 mars au Botanique (Bruxelles)

 

Juniore, "Ouh là là" (Sony Music)