Raphaël: la force fragile au Cirque Royal

Raphaël : la force fragile au Cirque Royal
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Raphaël : la force fragile au Cirque Royal - © Jean-Baptiste Mondino

Entouré de la chorale des Pastoureaux, il a présenté ce vendredi son album "Somnambules" avant de reprendre quelques moments forts de sa carrière devant un public conquis!

Certains s’obstinent à ne voir en lui qu’un chanteur à minettes, gardant l’image qui fut la sienne lors de l’énorme succès de son album  "Caravane", pour nous un des plus beaux disques des années 2000, et qui lui permit de faire chavirer tant de cœurs.

Pourtant, il a tout fait pour s’en détacher. Sa trajectoire est, en effet, bien plus riche que de la simple variété populaire, à la croisée des chemins entre rock et chanson, inspirée par Bashung, Bowie, ou Barbara. Et puis, il y a Gérard Manset, grand chanteur qui a voulu se faire oublier, dont il a repris le chef-d’œuvre "Matrice" pour une séance unique aux Francofolies de La Rochelle cet été. Un moment rare qui vient de sortir en CD sous le titre "Solitude des latitudes". À écouter d’urgence!

L’art de se réinventer

Raphaël est un homme en mouvement, un homme qui cherche, qui se met en danger. Son album "Somnambules", enregistré avec une chorale d’enfants, ne déroge pas à la règle. Il arrive d’ailleurs sur scène pour en présenter l’essentiel, accompagné pendant une demi-heure par "Les Pastoureaux", impressionnants de justesse. L’émotion de ce joli disque est amplifiée. C’est à la fois simple et vibrant.

Les enfants partis, il propose alors un voyage à travers ses albums. Il se lance dans quelques morceaux seul à la guitare. Lévitation exquise sur "Chanson pour Patrick Dewaere", puis le splendide "1900" dont il oublie une partie des paroles. Ces versions lui permettent de faire de sa fragilité une incroyable force. Il devrait vraiment faire une tournée guitare-voix!

Puis, on décroche lorsqu’il reprend quelques bouts son album "Super-Welter", bien trop torturé pour qu’on y comprenne quelque chose. Son groupe est solide et nous réveille sur "Ne partons pas fâchés".

L’intensité était en dents de scie, on aurait aimé retrouver plus de titres de "Caravane" et de "Pacific 231", ses deux albums les plus aboutis, mais la soirée fut belle. En rappel, Raphaël nous gratifie d’une sublime interprétation de "Et dans 150 ans", fragile et habité comme jamais !

Les chansons s’égrènent et on finit par se demander s’il aurait définitivement tourné la page "Caravane", avant d’être rassuré par une jolie interprétation avec la chorale. Cette chanson continue donc à l’accompagner. Sur la route, et dans le cœur de ses fans…

 

François Colinet

Raphaël, "Solitude des latitudes " (Warner)