Notre meilleur de 2016: TOP 10 francophone

Marvin Jouno
Marvin Jouno - © SILVIA GRAV

Douze mois de musique en français passés au crible de notre entière subjectivité. Voici quelques pépites à découvrir à l’heure des sapins…

Nous y revoilà! Un an s’est écoulé depuis notre dernier top francophone, qui couronnait "Les grandes artères", merveilleux deuxième album du Québécois Louis-Jean Cormier, enfin disponible chez nous!

Notre année francophone, visiblement marquée par les envies d’évasion. 10 albums comme autant de bandes originales de voyages imaginaires, à partager sans modération…

Bonnes fêtes à tous!

1. Marvin Jouno, "Intérieur nuit"

Ce Breton de 32 ans nous a donné la plus belle gifle francophone de notre année! Décorateur de cinéma pendant 10 ans, il envisage ses chansons comme des courts métrages, qu’il réalise de A à Z. Parsemé de références au septième art, son premier album dévoile une écriture subtile dans des univers tristes et denses. Evoquant les premiers Biolay et dépouillant "Le grand sommeil" de Daho, il transforme son coup d’essai en coup de maitre!

2. La Maison Tellier, "Avalanche"

Le Far-West en français sans le caricaturer parait tellement casse-gueule et pourtant, les cowboys de Rouen signent ici un cinquième album digne de la splendeur des grands espaces. Il y a les guitares entre rock et country évoquant Neil Young et la force herculéenne des cuivres en écho à Calexico. Poétique et profond dans "Haut, bas, fragile" puis faussement léger dans "Beautiful again", la voix de Yanick Marais, alias "Helmut Tellier", nous emmène loin vers un nouvel horizon. Brillant!

3. Julien Doré, "&"

Sa voix, son charisme, son tempo et son infinie gentillesse: tout chez cet homme est diablement séduisant. Un groove efficace et sexy comme nul autre. Une sensation aigre-douce. Un impressionnant sens mélodique, au point de transformer certaines chansons en ritournelles délicieusement obsessionnelles. Avec ce quatrième album percutant, sans faire trop de vagues, Julien Doré s’affirme, à la fois unique et incontournable dans le paysage francophone. Quel bonheur!

 

4. Daran, "Le Monde perdu"

Sorti il y a déjà un petit temps au Québec, où il a élu résidence, ce dernier album de Daran en mode acoustique révèle sa poésie à l’état brut. Après la Maison Tellier, voici une autre invitation à découvrir les grands espaces avec nos songes comme véhicules. Une guitare, un harmonica, que la musique a l’air simple et limpide. Reprenant "Une sorte d’église" et s’offrant une interminable tournée en duo avec une peintre/vidéaste virtuose, ce projet mérite une halte plus qu’attentive.

5. Dalton Telegramme, "Sous la fourrure"

Sans l’avoir prémédité, le "Grand Ouest" est décidément très présent dans cette sélection, avec ici une petite touche locale. Premier album d’un groupe de chez nous déjà adopté par les Suisses et soutenu par TV5 Monde, qui nous embarque dans sa diligence musicale. Ambiance country derrière les portes battantes du saloon et vrai coup de cœur sur scène. Vive la mélancolie festive!

6. Emily Loizeau, "Mona"

Bande originale d’une pièce de théâtre montée à Paris, ce quatrième album se construit autour d’une réalité à géométrie variable. Celle d’une maman souffrant de troubles psychiatriques et de son accompagnement, qui a nourri une création contrastée entre folie douce et sa réalité beaucoup plus lourde de sens. Balancé entre les deux langues parentales (français et anglais), ce récit familial voyage entre l’espièglerie et le recueillement avec une rare justesse!

7. Nicolas Michaux, "A la vie, à la mort"

Quelques chants d’oiseaux pour annoncer le nouveau départ du chanteur d’Eté 67. Quelques années de maturation. Des passages au Danemark ou au Congo pour nourrir un premier album solo qui révèle un univers subtil et varié, un sens aigu de la mélodie, un amour des rencontres et des beaux instruments. Il garde la voix envoûtante qui nous a déjà tant séduits à l’époque où il vivait la musique en groupe. Il nous entraine ici dans un périple plus dense et personnel, mais ô combien prometteur.

8. Benjamin Biolay, "Palermo Hollywood"

Après un petit détour en mode plaisir par le répertoire de Charles Trenet, ce huitième album (déjà!) nous plonge dans la chaleur argentine. Ses humeurs ensoleillées, ses rythmes chaloupés mais aussi la moiteur de ses nuits. Partageant le micro avec quelques jolies pointures (Sofia Whielmi, Chiara Mastroianni et Camélia Jordana pour une reprise inattendue de "J’attendrai" dans la version de luxe), on retrouve ici Benjamin en mode lover mais aussi en compositeur et arrangeur hors pair. Un grand cru!

9. Lisza

Ce n’est encore qu’un embryon, un avant-goût, mais on ne résiste pas à l’envie de pointer les premières chansons de cette charmante chanteuse. Avec la complicité de Vincent Liben, elle nous ouvre les portes de sa douce mélancolie avec quelques accents rappelant Françoise Hardy. C’est soyeux, caressant, lumineux et diablement prometteur!

10. Faon Faon

Autres premiers pas belges, autre duo artistique plus excentriques celui-là. Fanny et Olympia (dé)peignent les situations à quatre mains avec une énergie qui a déjà séduit les publics de Puggy ou Jain lors de premières parties. Intense et inventive, leur musique fait exploser nos papilles auditives et promet un premier album dynamité. Vivement 2017!

 

François Colinet