Notre meilleur de 2016: Top 10 anglophone

Jesca Hoop et Sam Beam
Jesca Hoop et Sam Beam - © Droits réservés

Après nos chouchous francophones, deuxième volet de nos tops 2016. Voici quelques douceurs et autres originalités, en anglais, qu’il nous plait de vous partager!

Après autopsie, cette sélection fait, sans l’avoir prémédité, la part belle aux vertus réconfortantes de la musique. Humeurs chaleureuses en plusieurs déclinaisons. Douceurs dont ce monde a bien besoin!

Bonne écoute...

1. Sam Beam & Jesca Hoop, "Love letter for fire"

Comme une recette miraculeuse, le mélange de deux textures parfaitement complémentaire. La voix si consolante du chanteur d’Iron & Wine (groupe texan que l’on vénère depuis 10 ans) trouve ici en Jesca Hoop le parfait contrepoint pour un disque plein de cordes, de complicité et de chaleurs musicales et humaines. Un album tout doux à partager sans compter.

2. Keren Ann, "You’re gonna get love"

Après six de silence et une maternité, la jeune femme découverte avec l’album "Jardin d’hiver" cousu main avec Benjamin Biolay pour Henri Salvador, revient avec un disque à la fois enveloppant et entêtant, à écouter au coin du feu ou lors de folles chevauchées à pied, à cheval, en voiture… Son atmosphère vous happe, vous hante, vous apaise. Comme une caresse à jamais logée sous la peau. Notre précieux de 2016!

3. Bon Iver, "22, A million"

Justin Vernon nous avait complètement envoûtés avec "Bon Iver", album éponyme qui faisait découvrir une voix incomparable, haut perchée et mélancolique. Cinq ans plus tard, il sort du bois et propose un disque ovni qui triture sa voix et les ambiances apaisantes du disque précédent à l’aide de machines en tout genre. Un album qui bouscule donc, avant de dévoiler le charme de toutes ses aspérités. Le signe des grands!

4. Leonard Cohen, "You want it darker"

Ainsi 2016 aura vu partir Bowie, Prince, Cohen et puis même George Michael. Chacun aura marqué l’Histoire de la musique. Dans notre vie, c’est ce cher Leonard qui aura laissé le plus de notes et d’émotions, notamment lors de trois concerts de près de quatre heures. Son dernier album, écrit avec son fils Adam, laisse, comme pour Bowie, un magnifique dernier essai alors qu’il savait la mort toute proche. Une œuvre éternelle.

5. Norah Jones, "Day breaks"

On l’espérait sans trop y croire, Norah l’a fait: un album tout doux en version retour aux sources. Piano, contrebasse et quelques cuivres. Il n’en faut évidemment pas plus pour faire complètement chavirer notre cœur de guimauve. Folk, rock, pop ou country, elle a prouvé qu’elle pouvait (presque) tout chanter, mais c’est quand elle magnifie le jazz qu’elle nous touche le plus. 15 ans après "Come away with me", la formule reste magique!

6. Agnes Obel, "Citizen of glass"

Après nous avoir enchantés derrière son piano, la jolie Danoise revient avec son album le plus ambitieux. La douceur est toujours là mais elle se fait plus ample et plus complexe, avec  cordes et instruments à vent. Certains trouveront l’atmosphère déprimante. D’autres comme nous seront régénérés par l'incroyable force de ses arrangements clairs-obscurs. Un disque qui ne demande qu’à s’écouler dans les veines de ceux qui s’en laissent le temps...

7. Ibrahim Maalouf, "Live tracks 2006/2016"

Trompettiste de génie, il joue sur une trompette à quatre pistons, inventée par son père, qui permet de reproduire des sons orientaux. Sa carrière transcende les genres: jazz, rock, chanson, en passant par beaucoup de musiques de film. L’éclectisme d’Ibrahim Maalouf est à (re) découvrir d’urgence grâce à  ce CD/DVD "live" proposant des traces de ses prestations scéniques en 14 étapes. Dont le magistral "Beirut" et "La Javanaise" avec la complicité de Juliette Greco. Un must!

8. Emiliana Torrini, "The colorist & Emiliana Torrini"

On craque depuis longtemps pour la délicieuse chanteuse italo-islandaise. On a donc naturellement fondu pour ces versions revisitées par l’improbable "Colorist Orchestra", qui revisite son répertoire sans barrière. Composé d’instruments classiques mais aussi inventés, cette plongée aventureuse permet de redécouvrir les quatre albums envoûtants de son répertoire par les chemins de traverse.

9. Dan San, "Shelter"

Le groupe liégeois a pris son temps pour amener à ébullition ce deuxième bébé à la "folk attitude" complètement assumée. Au départ des guitares, les envolées vocales à plusieurs tons vous emmènent ailleurs en susurrant de mystérieuses histoires à l’oreille de ceux qui acceptent de se laisser bercer. Une pépite qui construit lentement un cocon voluptueux.

10. Kaleo, "A/B"

Dans un autre registre que les voix envoûtantes de Björk ou Emiliana Torrini, voici encore une belle claque venue du grand Nord islandais mais dans le registre folk/rock/blues. "Way down we go" s’est offert une jolie place dans plusieurs bandes sons de série télé, offrant la notoriété à ce quatuor installé au Texas et remarqué au fameux festival "South by Southwest". Cela ne réinvente pas le genre, mais c’est joyeusement efficace.

 

François Colinet