Nicola Testa : "Notre fragilité permet de nourrir nos forces"

Nicola Testa
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Nicola Testa - © Athos Burez - Droits réservés

Le jeune Bruxellois séduit avec son premier album "No More Rainbows", qu’il présentera ce samedi 19 mars à l’Ancienne Belgique. On a hâte !

A force de bouche à oreille positif, Nicola a creusé son sillon. Il tourne depuis bientôt trois ans avec une équipe fidèle. C’est le plaisir du partage qui le propulse toujours plus loin. Acclamé en octobre 2014 par une foule ravie de le découvrir en première partie de Christine and the Queens, il a ensuite enchainé les belles scènes de festival l’été dernier. Il est, pour nous, LA révélation belge de 2015 avec, sous le bras, "No More Rainbows", un premier album très convaincant !

"Rainbow", le premier morceau du disque, nous a instantanément accrochés. Par son refrain, mais surtout par son propos : "Je voulais créer un hymne à notre fragilité. On ne peut jamais la montrer. Il faut toujours faire plus, être au top car tout va très vite. Pourtant, notre fragilité permet de nourrir nos forces. Elle incarne notre spécificité humaine. Et puis, si on devient trop dur, quand on casse, on casse vraiment!".

Un beau bébé!

Cet album fut un travail de longue haleine sans parler de tout ce qu’il y a autour. "C’est difficile de mettre les choses en place : les aspects techniques la promo, etc. Mais le plus éprouvant consiste à lâcher le disque, quand on se dit : "C’est fini on ne peut plus rien y faire" .Avant, je me moquais gentiment des artistes qui comparaient ça à un accouchement mais en fait, c’est très juste comme comparaison, on le laisse partir, il ne nous appartient plus. On a changé des choses jusqu’en toute dernière minute. La période juste avant la sortie est assez stressante. C’est une très belle épreuve de lâcher prise! "

Son disque, il le retrouve avec jubilation face au public. Nicola ne peut pas nous cacher son plaisir de jouer devant et pour les gens. C’est avec eux que son histoire artistique s’écrit. "La scène permet de proposer d’autres couleurs, les intentions changent d’une fois à l’autre en fonction de l’énergie. C’est vraiment un art vivant. Certaines chansons sont d’ailleurs nées sur la route. Plusieurs formules sont possibles. J’interprète même parfois tout l’album en piano/voix. "

Pour autant, un bon morceau doit-il nécessairement tenir d’abord en version épurée? "Pas nécessairement. J’ai été un grand fan de techno et pourtant, la plupart des morceaux ne tiennent pas piano/voix. Mais mon album, ce sont des chansons avant d’être des morceaux. Une chanson raconte une vraie histoire, alors qu’un morceau n’a pas la même intention. Un morceau n’a pas forcément de texte."

Travailleurs précaires

Pour réaliser son disque, il a fait appel à Antoine Gaillet (qui a notamment travaillé avec Julien Doré, Talisco ou M83) : "J’ai adoré son travail, il s’est fort investi. Je pense qu’il a eu un gros coup de cœur pour ce projet. Je n’ai pas les capacités pour finaliser tout le disque seul chez moi. J’aime l’esprit d’équipe. C’est excitant de partager. C’est ce que j’aime. Partager, c’est pour ca que je fais ce boulot".

Un "boulot" dont les règles économiques ne cessent d’évoluer, quel que soit le type de structures dans lequel on évolue : "C’est toujours compliqué, même dans les grandes maisons de disques où il faut faire des compromis. Le streaming est entrain de tuer le disque, vraiment on est prêt à payer 5 euros pour un café qu’on boit en 1 minute mais pas 1 euro pour une chanson que l’on peut garder toute sa vie. Cela me laisse toujours perplexe!".

Malgré tout, Nicola vit son art avec envie et passion. Pour vous en rendre compte, foncez à l’AB ce samedi 19 mars, vous risquez d’être conquis.

François Colinet

Nicola Testa: "No More Rainbows"