Mon BSF: léger mais savoureux!

Le festival bruxellois a refermé ses portes ce dimanche après 10 jours de musiques dans lesquels nous avons picoré en dilettante. Morceaux choisis…

Déjà 15 ans que le centre de Bruxelles s’anime musicalement  au cœur du mois d’août. Une chouette tradition que ces festivités en mode "after work" (même si cette année il a eu lieu une semaine plus tôt qu’à l’habitude et que, donc, les visiteurs encore en vacances sont plus nombreux) qui nous permettent de nous décider en dernières minutes, en fonction de la météo ou de l’humeur du moment, et de croiser des têtes perdues de vue.

Des notes, de jolis couchers de soleil et des senteurs très variées issues des food trucks de plus en plus tendance, voilà de quoi faire vivre des sites emblématiques de la capitale (place des Palais, Mont des Arts et la salle de la Madeleine fraichement rénovée) de bien belle manière.

Par les chemins de traverse

Ok mais pour entendre quoi? L’offre est copieuse entre les différentes scènes. De notre baluchon, peu de têtes d’affiche mais un vrai coup de cœur pour les concerts intimistes au Club du BIP, où se croisent les pros et les curieux en quête de découvertes.

Jeudi, le Belge Lylac, dont nous publiions récemment l’interview, a fait vivre un moment intense à son public aussi nombreux que chaleureux. Dans des conditions idéales, il a fait voyager nos émotions, accompagné des cordes subtiles d’un sitar et d’un violoncelle. Son album "Living by the rules we’re making" est à découvrir sans attendre!

Même heure, même endroit le lendemain et autre claque d’envergure avec le Français Marvin Jouno, que nous avions découvert avec frénésie à Spa il y a peu. Entre pop et élecrto, cet ancien décorateur de cinéma construit ses textes comme de véritables scénarios, en rendant notamment hommage à Agnès Varda. Il trouve une voie (et une voix) singulière quelque part entre la profondeur des premiers Biolay et la délicieuse légèreté des premiers Daho (dont il offre "Le grand sommeil" en mode épuré piano/voix). Véritable révélation de notre été, son premier album "Intérieur nuit" est, lui aussi, à écouter d’urgence!

Pour le reste, on retiendra, la revigorante piqûre de rappel administrée par un Keziah Jones ni bavard, ni surprenant, mais au pincer de guitare toujours diaboliquement efficace. Basse, batterie, clavier, le groove, c’est facile et l’Afrique, c’est chic! Le podium qui accueille les personnes handicapées est trop loin pour que l’on puisse vraiment vibrer. Le son résonne trop, mais le cœur y est, les souvenirs aussi!

A vivre en famille!

Enfin, ce samedi, on a testé pour vous le concert de Louane, accompagné d’une amie et de ses deux adorables jumelles de sept ans, connaissant évidemment les paroles sur le bout de leurs petits doigts. On craignait le pire, mais nous devons à la vérité toute subjective du journaliste culturel d’écrire que nous avons passé un bon moment. Bien sûr, les paroles sont souvent simplistes (Ca fait bizarre d’entendre des enfants hurler à tue-tête : "J’espère que tu vas souffrir, et que tu vas mal dormir!"), le chant ne nous parait pas toujours juste, surtout quand elle force sur les aigus, mais l’aplomb de cette très jeune femme pourrait bien faire fondre les plus sceptiques. Souriante, confidente, elle explique tout à son (pas si) jeune public, même quand la technique fait des siennes. Elle surprend par son éclectisme en reprenant Justin Bieber, "La mère à Titi" de Renaud et "Girls and Boys" de Blur. Gaëtan Roussel, himself, lui a écrit "Nos secrets". Si elle continue à gérer son succès foudroyant avec la même sagesse, cette demoiselle pourrait bien nous réserver de belles surprises à l’avenir.

Préparer l’avenir, c’est aussi ce qui attend les organisateurs du BSF, en repartant, qui sait, pour 15 ans de festivités…

 

François Colinet