Michel Polnareff à Forest: rien que les tubes!

Michel Polnareff
Michel Polnareff - © DR

Le grand retour du chanteur français ne nous a pas franchement convaincu mais a visiblement enchanté les fans.

Ils l’attendaient depuis 2007, date de son dernier retour scénique. L’homme aux lunettes blanches est un cas unique. Il n’a plus sorti d’album depuis 27 ans (!), s’est installé au studio ICP de Bruxelles pendant plus d’un an et demi pour, enfin, proposer de nouvelles chansons, mais n’arrive pas à conclure. Alors, il repart en tournée, passe par Bercy, les Francofolies de Spa cet été, puis Forest ce vendredi.

La question cruciale concerne évidemment l’état de sa voix. Il s’en amuse peu après son entrée en scène, raillant les journalistes qui l’auraient enterré un peu vite. Le test est convaincant. Oui, sa voix tient la route et monte encore assez haut (mlême si il se fait aider par le public sur "Goodbye Marylou" en fin de partie). C’est évidemment la bonne nouvelle de la soirée. Elle va divertir pendant plus de deux heures une foule visiblement en joie de le retrouver.

La sobriété lui va mieux

Choristes très court vêtues et excessivement expressives, musiciens très rock, il se présente comme une rock star, inélégamment moulé dans ce qui ressemble à une ceinture de boxe, les jambes arquées comme Johnny. Mais, malheureusement, n’est pas Johnny qui veut! Il ne bouge quasiment pas, se figeant même parfois dans des postures improbables. Le grand show sonne souvent trop fort dans le bouillon sonore indistinct de Forest, que nous avons souvent déploré sur ces pages. Mais l’ambiance y est notamment sur "Tam Tam, l’homme Préhisto".

Le contraste est grand avec les morceaux plus calmes, lorsqu’il a l’excellente idée de s’installer au piano et qu’il peut, là, nous faire entendre sa vraie dextérité. Dans ce registre, "Lettre à France" et "Qui a tué Grand-Maman"  font mouche.

On a parfois du mal à comprendre les choix de ce spectacle, comme cette interminable séquence où il fait chanter le public sur "Y’a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu", comme dans une kermesse. Ou ce long intermède sous forme de bataille entre ces deux guitaristes, le temps pour l’artiste de faire un tour en coulisses. Mais le public adhère. Il faut dire que les tubes s’enchainent et que l’homme sait motiver ses troupes. "Les salles assises m’emmerdent", assène-t-il sans gêne à des fans plus vraiment jeunes qui se lèvent avec enthousiasme.

Depuis "Je suis un homme", "La poupée qui fait non", "Le bal des Lazes", notre préféré, jusqu’ à "Tout pour ma chérie" puis "On ira tous au paradis" en version karaoké pour conclure, le juke-box est impressionnant et rappelle ses indéniables talents de compositeur. Fredonner en live cette collection de tubes intemporels, voilà l'essentiel plaisir de notre soirée.

 

François Colinet