Matmatah revient avec force, envie et un très bel album!

Matmatah revient avec force, envie et un très bel album!
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Matmatah revient avec force, envie et un très bel album! - © Julien Banes

"Plates coutures", l’album du retour du groupe breton, est une vraie claque! Furieux et gonflés à bloc, les voilà repartis pour un tour. Etapes à Bruxelles le 28 avril (complet) et le 5 août à Ronquières.

Groupe phare du rock français dans les années 90, Matmatah a assez vite édulcoré ses sonorités bretonnes pour un rock costaud plutôt teinté de références anglo-saxonnes: "Parce que d’autres faisaient de la musique bretonne beaucoup mieux que nous",  nous confie Tristan, le chanteur, en début de rencontre.

Ils reviennent après neuf ans de silence avec un album bourré de belles énergies, qui devrait séduire bien au-delà des fans de la première heure!

Quelle est la genèse de ce retour ?

Notre arrêt en 2008 était un vrai adieu. On avait besoin de revenir à la vie normale après toutes ces années d’une vie hors norme. Le retour s’est amorcé par la sortie d’un coffret pour les 20 ans du groupe, sur lequel on a proposé  deux nouvelles chansons. Et, figure-toi qu’on s’est fait prendre à notre propre piège! On y a repris vraiment goût et l’idée de revenir sur scène s’est rapidement imposée. Mais comme on n’est pas du genre à s’autocongratuler, on voulait absolument proposer un nouvel album. Et nous y voilà!

A en juger par toutes les dates sold out, le public suit…

Oui, c’est super. Il y a visiblement plein de jeunes de 15-20 ans qui écoutaient nos chansons sans espérer nous voir un jour sur scène et qui s’éclatent à nos concerts! La transmission de la musique entre les générations, c’est magique!

Le single "Marée haute" sonne particulièrement juste, avec cette folle course à la couronne en France…

La France a, en effet, gardé un côté très monarchique. Malheureusement les candidats ne brillent pas vraiment par leurs lumières! Avec toutes ces affaires, on a d’excellents attachés de presse, en tout cas! Mais cette chanson est bien plus globale. Elle dénonce l’addiction au pouvoir. Le personnage de la chanson est composite. Il concerne, hélas, énormément de monde.

"Petite frappe" évoque le terrorisme, mais sous l’angle des destructions des monuments historiques. Pourquoi ce choix ?

Je suis passionné d’archéologie. Quand on détruit Palmyre,  on ne détruit pas seulement des humains mais bien le berceau de notre culture, de notre identité commune. Cela montre une bêtise abyssale et un crime irréparable, qui m’a beaucoup touché!

L’album se clôture par une mélodie plus douce en hommage aux combattantes Peshmergas…

On était en vase clos tous les quatre quand on est tombés sur un article parlant de ces femmes. C’est clairement une chanson hommage. J’adore l’idée qu’elles sont considérées comme des moins que rien mais que dans leur croyance, elles peuvent interdire l’entrée du paradis! C’est l’ironie du sort qu’évoque cette chanson.

Au tournant des années 2000, vous avez été condamnés pour "Apologie du cannabis". Avec le recul, que vous inspire cet épisode?

Je me souviens que c’était quand même un peu stressant parce qu’on ne savait pas à quelle sauce on allait être mangés. Malheureusement, la France n’a pas beaucoup évolué sur cette question! Après, être mis en examen et répondre au Procureur général pendant le procès en récitant du Rimbaud ou du Verlaine, c’était un bon souvenir!

 

Entretien : François Colinet

En concert le 28 avril à la Madeleine à Bruxelles (complet) et le 5 août au Ronquières Festival

Matmatah, "Plates coutures" (La Ouache Production)