Les voyages intemporels de Loreena McKennitt au Cirque Royal

Les voyages intemporels de Loreena McKennitt au Cirque Royal
Les voyages intemporels de Loreena McKennitt au Cirque Royal - © Droits réservés

La chanteuse canadienne et sa harpe magique ont, une nouvelle fois, fait salle comble ce mercredi soir.

C’était il y a une dizaine d’année, au même endroit. Accompagnée d’une dizaine de musiciens, elle avait alors donné un concert d’une telle intensité qu’à l’entracte, la personne qui nous accompagnait s’exclama : "Si le paradis ressemble à ça, je veux bien y aller tout de suite ! " C’est que l’univers de Loreena McKennitt est à la fois onirique et planant, une sorte de parenthèse qui vous fait quitter le sol et ses contingences matérielles.

Il aurait été impossible de faire aussi bien ce mercredi soir, la formule en trio proposant des versions plus épurées de ses plus grandes chansons. Moins d’envolées et d’intensité donc, mais beaucoup de charme tout de même. Au piano ou à la harpe elle donne le ton d’arrangements mettant davantage sa céleste voix en avant. Les cordes (violoncelle, guitares plus occasionnellement un violon) donnent du corps à l’ensemble et permettent quelques envolées instrumentales.

Mais ce sont étonnamment les mots qui s‘imposent comme invités surprise de cette tournée attendue depuis cinq ans. Loreena est, en effet d’humeur bavarde. Plongeant dans ses souvenirs, elle commente ses nombreux voyages à la recherche des racines de ce peuple celte qui la fascine depuis plus de 30 ans. Elle fourmille également d’anecdotes sur les caractéristiques de sa précieuse harpe ou sur les prémices de son parcours artistiques. Elle ponctue même certains morceaux de bouts d’histoire sur la grande famine du milieu du 19e siècle qui força à l’exil de milliers d’irlandais vers les côtes pas si hospitalières du Canada.

On a toujours apprécié, pour notre part, ces moments ou un artiste lève un coin du voile sur les péripéties de son chemin ou sur les sources cachées de son inspiration. Mais, on ne peut s’empêcher ici de penser à tous ceux qui, ne maitrisant pas l’anglais, étaient exclus de ses confidences et attendaient patiemment qu’elle chante à nouveau. La balance était un peu déséquilibrée.

Reste quelques moments de grâce, tirés d’un répertoire d’une infinie richesse pour tous ceux qui, comme nous, se laissent emportés par la légèreté et le mystère de son chant presque magique.

A (re) découvrir dans "The journey so far" un splendide best of comportant une partie d’enregistrements publics sorti en 2014 !

Histoire de préparer sa prochaine visite...

 

François Colinet