Les Nuits Botanique: vive le renouveau du rock en français!

Feu! Chatterton
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Feu! Chatterton - © Fanny Latour-Lambert

Avec Feu! Chatterton, Nicolas Michaux et Radio Elvis, le Cirque Royal accueillait ce jeudi les plus belles promesses du rock francophone, dans une soirée électrisante…

En plus d’annoncer le retour des beaux jours, le charme des festivals réside dans ces affiches à rallonges qui prennent le temps de soumettre à nos suffrages plusieurs groupes présentant un certain cousinage musical.

C’était particulièrement vrai ce jeudi avec des artistes qui tous, se sont fait remarquer avec un premier album fort en gueule.

Kidnappé en quelques minutes!

On arrive peu avant 20 heures alors que Radio Elvis, la nouvelle sensation rock française, terminait son set. En trois morceaux à peine, on prend conscience de la puissance que ces gaillards dégagent. Premier coup d’oreille curieux en ce qui nous concerne, qui va vite se transformer en vif intérêt tellement c’est brut, carré. Parfois inutilement bruyant, mais souvent mélodique. "Les conquêtes" risque de tourner plus qu’à son tour sur nos platines numériques cet été…

Arrive ensuite Nicolas Michaux et les musiciens avec lesquels il a patiemment construit "A la vie, à la mort", notre disque coup de cœur francophone de ce début d’année. Le gamin talentueux d’Eté 67 a grandi, mûri et sa musique aussi ! On retrouve ici le mélange pop-rock qui nous avait séduits sur "Passer la frontière", le sublime deuxième album du groupe liégeois, mais avec plus d’épaisseur, d’inventivité, de risque aussi. Les textes sont toujours aussi léchés. Et l’anglais s’impose comme une évidence sur certains titres, comme ce final entre blues et country, où les guitares portent les âmes torturées. Un disque à découvrir sans délais!

Le grand incendie

Étape reine de ce triptyque, les Français de Feu! Chatterton, dont l’énergie incandescente brûle tout sur leur passage. Passés en tout juste un an de la Rotonde au Cirque Royal, ils impressionnent par leur maitrise et la manière toute particulière avec laquelle le chanteur Arthur Teboul établit le contact avec le public.

Comme nous l’écrivions lors de leur concert d’octobre à l’Orangerie, ces gars-là sont habités d’une ferveur qui vous happe et ne vous relâche que 90 minutes plus tard. Une sorte d’urgence, d’envie d’en découdre matérialisée par les postures très théâtrales d’Arthur, qui n’hésite pas à proposer à la foule de "faire l’amour tous ensemble". L’amour des mots si poétiquement choisis, l’amour des notes fiévreuses à partager. Voilà ce que vous trouverez sur "Ici le jour (a tout enseveli)", premier album magistral que nous avions mis sur le podium de nos albums 2015 et qui promet une carrière rayonnante à ce groupe à la fois subtil, intense et jouissif. Que demander de plus?

 

François Colinet