Les Nuits Botanique: les plaisirs simples d'Alex Beaupain et Blondy Brownie

Alex Beaupain
Alex Beaupain - © Fred Stuccin

Avec Blondy Brownie et Alex Beaupain, soirée feutrée au Cirque Royal avant le phénomène Katerine.

Plaisir ultime des festivals: donner une visibilité dans de beaux endroits à des formations encore confidentielles. C’est la chance qu’a su brillamment saisir le duo belge Blondy Brownie. Accompagné notamment d’un batteur convaincant, elles se présentent venant de Charleroi, Bouillon, Anderlecht pour proposer une pop aux vapeurs délicieuses, principalement en français, mais aussi en italien. Vraiment dommage que Katerine, l’homme attendu du soir, n’ait pas quitté sa loge pour venir interpréter ce titre qu’ils avait enregistré ensemble. Il mange, parait-il, à moins qu’il ne digère…

Qu’à cela ne tienne Aurélie Muller et Catherine De Biasio (sœur de Melanie, qui sort justement ces jours-ci un nouvel album très attendu) savent très bien s’entourer, au point d’en faire un concept. Un duo qui se transforme en trio éphémère. 12 chansons enregistrées avec un invité chaque fois différent. Dans un concert d’une grosse demi-heure, on pointera quelques jolies envolées rock mais surtout une atmosphère soyeuse portée par des voix qui apaisent. Le très beau "Lapin-Lapin" en trio avec Antoine Wielemans (Girls in Hawaii) en est le meilleur exemple. Deux filles que l’on suivra de près!

Alex Beaupain, élégant quoi qu’il advienne

A ranger parmi les chanteurs dont la carrière mériterait un autre écho, cet Alex Beaupain n’en finit plus de (nous) séduire! Derrière son piano ou simplement son micro, tout a l’air de couler, avec douceur et profondeur. Déjà cinq albums et un disque/roman à son actif, dont quelques perles. Et pourtant, ce sont surtout ses bandes originales de films qui font mouche auprès du grand public. Souvent aux côtés de Christophe Honoré, il fait, entre autres, chanter Ludivine Sagnier, Louis Garrel, Chiara Mastroianni et son illustre maman, Catherine Deneuve. Il vient d’ailleurs de signer la musique des "Malheurs de Sophie", du même réalisateur.

Même franchement enrhumé et la voix chancelante, il assure. Son attitude, sa poésie nous font parfois penser à un Julien Clerc en plus jeune. Pas étonnant que ces deux-là se soient trouvés artistiquement. Mais, Alex y ajoute un côté pince-sans-rire qui colle parfaitement à ses mots souvent sombres. "Vous allez bien?", lance-t-il au public qui commence à garnir la salle. "Je vais arranger ça!" puis, plus tard: "Vous avez envie de danser? Dommage!". Une ambiance classique brisée par ce détachement cynique qui lui va si bien.

Un plaisir non dissimulé de fouler les planches et de revenir "Au départ", seul véritable titre phare d’une carrière pourtant très intéressante. Il n’est jamais trop tard…

Reste alors le gros poisson du jour, un Philippe Katerine qui venait présenter "Le film", nouvel album calme et intimiste. Impossible de vous en dire plus. Excentrique et très clivant, en général on l’aime ou on le fuit. Après l’avoir aimé il y a une dizaine d’années, il a fini par nous insupporter. Et  nous ne sommes donc pas restés, convaincus que ses fans ne manqueraient pas de l’acclamer, ni de passer une bonne soirée…

 

François Colinet