Gauvain Sers, poète du quotidien, qui fait tant de bien!

Gauvain Sers, poète du quotidien, qui fait tant de bien!
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Gauvain Sers, poète du quotidien, qui fait tant de bien! - © Franck Loriou

Il a présenté son album "Pourvu" en première partie de la tournée de Renaud. Filiation évidente pour cet artiste tendre et corrosif, à découvrir absolument le 15 décembre à La Madeleine à Bruxelles!

Ce jeune homme au béret est entré dans notre toile musicale comme un éclair, par un coup de foudre désarmant pour sa chanson "Pourvu", portrait tendre et délicat de la femme idéale. "Au départ, elle a démarré par une envie d’autodérision, nous confie-t-il à quelques heures de fouler la très grande scène des Francofolies de Spa, en ouverture pour Renaud. "Je me moque gentiment de mon look, de mon prénom. Au final, elle est devenue une chanson d’amour, portrait de la fille rêvée à travers mes goûts. C’est une belle magie, ce n’était pas du tout prévu comme ça."

Et pour mettre en image cette jolie comptine, qui de mieux que Jean-Pierre Jeunet?! "Quand j’ai signé chez Mercury, c’était un peu notre rêve. Amélie Poulain est mon film préféré. On l’a contacté mais il a tout de suite dit non sans écouter la chanson parce que cela faisait longtemps qu’il n’avait plus fait de clips. Puis, il l’a écoutée, il a eu quelques idées, il a fini par dire oui, il s’est laissé prendre au jeu et voilà. C’était une belle rencontre humaine et artistique. J’espère vraiment qu’on pourra se retrouver sur d’autres projets."

Un conte de fée, en somme, pour celui à qui tout semble sourire. Originaire de la Creuse, diplôme d’ingénieur en poche "parce qu’il n’y a rien de plus aléatoire qu’une carrière artistique", il monte à Paris pour apprendre le métier. Il joue devant 20, 30 personnes parce que la chanson coule dans ses veines. "Il y a toujours eu beaucoup de chansons chez moi, à la maison ou en voiture. Mais je ne me suis mis à l’écriture qu’à 18 ans. La guitare est venue encore plus tard, vers 20 ans. Mais, à la fin du premier concert, j’ai su que j’allais en faire beaucoup!"

Vocation tardive peut-être, mais tellement touchante. Gauvain Sers, c’est un conteur d’histoire, doux mais corrosif, évoquant le racisme latent dans "Henin-Beaumont" ou la détresse indicible des mères dans "Mon fils est parti au djihad". "C’est évidemment un sujet casse-gueule et tabou mais évoquer les mamans permet de radoucir le sujet pour éviter de les stigmatiser. Un texte centré sur leurs regrets, qui rappelle que cela peut arriver à tout le monde."

Culotté et pertinent, cette chanson que Renaud aurait tant aimé écrire, parait-il. Lui qui a craqué pour Gauvain en deux chansons à peine, alors qu’il cherchait un artiste pour les premières parties de ses concerts parisiens. La filiation saute évidemment aux oreilles, jusqu’au bout du béret rappelant "Amoureux de Paname", son tout premier album il y a plus de 40 ans. Il l’emmènera finalement sur les 85 dates de sa tournée "Phoenix".

"Renaud m’a donné envie d’écrire des chansons, j’admire l’homme et sa carrière, je le trouve touchant. Il y a pire comme comparaison. J’ai eu une chance unique. Je dois maintenant me construire en tant que Gauvain Sers."

Et il a tout pour réussir. Une plume, un propos, beaucoup de tendresse, d’audace et d’attention pour les destins ordinaires. Sans oublier l’énergie de la contestation. Tout ce qu’on aimait chez Renaud dans notre jeunesse. La relève a sonné! Rendez-vous donc le 15 décembre à La Madeleine à Bruxelles pour la découvrir…

 

François Colinet

Gauvain Sers, "Pourvu" (Universal)