Francofolies de Spa: Lisza et Zazie, les charmes du vendredi

Au quatrième jour, quelques moments de grâce et de franche rigolade!

Tentation grasse matinée ce matin, sommeil lourd sur l'oreiller avant de repartir pour une nouvelle salve d'émotions. Cette 23e édition nous plait décidément beaucoup. Chaleur dans les airs météorologiques et mélodiques, on a pris du bon temps!

Comme Gaétan Streel, tout heureux de présenter ses nouvelles compositions à un public étonnement dense pour 15h. On avait gardé un bon souvenir du Monsieur et il nous plait encore plus quand il prend le pari d'une écriture en français, poétique et percutante. Tout cela emballé dans une enveloppe rock et electro hyper enlevée. Son album "Deux jours à la fois" témoigne de cette puissance tranquille.

Lisza, une âme en scène

Juste après quoi, nous voilà reparti dans l'intimité du concert de Lisza, jeune chanteuse à la mélancolie salvatrice, portée par la complicité et l'amour de Vincent Liben, orfèvre musical du projet. Un EP et un premier concert en festival tout simplement splendide! Son vague à l'âme est tellement assumé qu'il en devient une force motrice, désarmante de sincérité. Quelque part entre Françoise Hardy et Raphaëlle Lannadère, elle trouve un chemin singulier qui nous évoque instantanément le souvenir lumineux de Lhasa de Sela, dont elle interprétera "La confession" avec beaucoup de justesse. Vivant son concert par et dans tous les sens, elle danse sa vie, sa création, son moment avec une délicieuse légèreté. C'est notre plus belle émotion de ces quatre jours. A découvrir et à partager le 14 aout à 18h au BSF, avant un album prévu en janvier.

Au pas de course on revient sur Terre pour découvrir quelques titres très accrocheurs de Dalton Télégramme. Embarqué comme un wagon dans la mine , on est plongé dans le Far West, ses saloons et ses diligences avec cuivres, cordes et percussions d'usage. Entre rock, folk et country, la fête est au bout du tunnel et l'or à portée de main. A revoir aux "Solidarités" à Namur le dimanche 28 août.

Les Charlots, surréaliste et culoté!

Après une pause causette, place à l'ovni du festival: le retour des Charlots! "C'est... L'apérobic, a elle la gym à moi le tonic!", "Paulette la reine des paupiettes" et "Merci patron" sont les grands moments de ce show hors du temps qui célèbre 50 ans de chanson décalée et grivoise. Par moments franchement drôle, c'est aussi parfois très lent et décousu. Le music-hall sur la scène principale du village, fallait l'oser!

Pour finir en beauté il ne nous restait plus qu'à jeter une oreille bienveillante à Louane, la grande sœur magnifiée des jeunes filles plus vraiment petite mais pas encore tout à fait grande. Sa sincérité et son sourire font chaud au cœur. De quoi faire mieux passer son répertoire déjà trop entendu.

Reste alors quelques notes de Zazie, cerise mouillée sur un gâteau rendu collant par l'orage. Comme on l'écrivait il y a quelques semaines, avec un dernier album très moyen, être capable de faire un spectacle aussi prenant, c'est cela que l'on appelle le talent. Séductrice, énergique et pleine de tendresse pour son public, la belle ne changera jamais, et on l'aime pour ça!

Mais cette fois-ci, sous la pluie, on s'arrête à mi-chemin. Car, l'énergie commence à manquer.

A l'aube de cette dernière journée, les organisateurs semblent satisfaits en (presque) tout points. Malgré une baisse drastique des ventes après les événements dramatiques de Nice, les voyants sont au vert pour concocter la prochaine édition. Une édition qui proposera comme premier nom confirmé le duo Rive, vainqueur du Franc'off 2016.

 

Nos Francos s'arrêtent ici. Parmi toutes ces découvertes, on vous conseille de jeter une oreille attentive à Lisza, Sirius Plan, Les R'tardataires, Marvin Juno et Uncle Waldo, notre top 5 de l'année!

 

François Colinet