Francofolies de Spa : au premier jour, le charme opère !

Lost Frequencies
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Lost Frequencies - © Michel Hocks

Dans une formule et un site totalement repensés, la 25è édition du festival spadois a ouvert ses portes, désormais électroniques, sur de magnifiques prestations de Girls in Hawaii et de Clara Luciani !

Il fallait l’oser, et ils l’ont fait ! Après 24 ans d’expérience et d’amélioration progressive dans le même schéma (l’essentiel du festival dans le Village et les grandes vedettes sur la place de l’Hôtel de Ville) cette 25e édition est bien celle de la révolution pour un événement contraint de vivre avec son temps (avoir plusieurs sites à l’heure où la sécurité doit être une priorité absolue devenait difficilement tenable), mais aussi désireux de se réinventer.

Un seul site et un seul ticket donc désormais pour assister à l’ensemble des concerts dans un espace qui nous a paru plus aéré et plus fluide. Il faudra attendre la toute grande affluence de ce week-end pour se faire une idée plus précise, mais, à première vue, le pari semble gagner.

Et, puisque le soleil est de la partie, la fête a pu démarrer en trombe ce jeudi. Après les accréditations d’usage, dans une "Cabane des pros" elle aussi avantageusement repensée, on entre dans l’arène aux doubles sons de deux artistes qui n’auront sans doute jamais l’honneur de nos playlists mais qui symbolisent parfaitement l’ambition familiale et populaire des Francos.

À gauche, Delta, les petits belges qui montent avec leur pop aussi lisse qu’entraînante mais dont le côté plus rock sur scène à réussi à nous accrocher quelques instants. C’est très efficace à défaut d’autre chose. À droite, le français Amir dont la haute rotation en radio joue tout doucement sur nos nerfs mais qui nous a honnêtement surpris par un vrai sens de la scène et une voix par moment très soul que l’on serait curieux d’entendre dans d’autres registres.

Mais nos Francos attendaient une vraie claque pour prendre leur envol. On se doutait qu’elle pourrait venir de la splendide Clara Luciani mais pas avec une telle intensité rock ! Les fans absolus de son premier album "Sainte Victoire", dont nous sommes, étaient chauds comme la braise dès les premières notes envoyées par un quatuor de musiciens d’une force instinctive à couper le souffle. Le grain de sa voix, plus rauque que sur le disque, surprend puis séduit en nous guidant dans un tourbillon d’énergie.

Points culminants, les adaptations en français du génial "The Bay" de Metronomy et du "Blue Jean" de Lana Del Rey, taillés pour elle, en solo à la guitare. Pour l’aisance, la voix, l’énergie, on repense à Zazie et à son mémorable "Tour des anges" portant sur scène son troisième album "Made in Love", sans doute son meilleur, sorti il y a tout juste 20 ans. Chapeau bas donc à une grande star en devenir que nous avions eu la chance de rencontrer il y a peu.

On reste dans les certitudes qui font du bien avec la prestation quatre étoiles des Girls in Hawaii en pleine tournée "Nocturne". L’arrivée progressive de la pénombre a d’ailleurs joué un joli rôle dans l’intensité grandissante de leur set charpenté autour de ce nouvel album pop et électro, dont ils nous parlaient cet automne, agrémenté des essences plus rocks et plus sombres du précédent "Everest".

À chaque fois ils nous bluffent par l’intensité qu’ils installent crescendo pour aller chercher un public qui, en festival, n’est pas forcément acquis comme en témoigne l’incandescent "Flavor" en rappel. Du grand art ! Tout comme la performance son et lumière de Lost Frequencies qui portera haut les couleurs électro de la Belgique sur la scène Rapsat en apothéose de cette première journée. Des couleurs qui avec des artistes DJ comme Todiefor, ou Henri PFR dimanche, promettent encore de nombreux sauts de joie dans ces Francos 2018…

 

François Colinet